Vue d'ensemble - Filler Guide


> Akagi

Genre : gambling, mah-jong
Anime : 2005~2006, 26 ép (3)
Manga : 1992~2014, 28+ vol
Auteur : Nobuyuki Fukumoto




I] Pourquoi l'anime Akagi est selon moi une déception.
Léger spoiler :

Akagi est un manga, adapté en un anime de 26 épisodes en 2005, du même auteur que Kaiji. Il y est aussi question de paris risqués, à grands renforts de déductions basées sur la psychologie des joueurs, à ceci près qu'ici le seul jeu proposé est le mah-jong. Pour l'anecdote, l'arc qui suit celui du pachinko dans Kaiji tourne lui aussi autour du mah-jong. Ne trouvant absolument aucun intérêt à un anime traitant de ce jeu, j'ai néanmoins sauté le pas 3 mois après avoir terminé Kaiji. Je me suis finalement laissé "convaincre" par ces fans prétendant que "même sans rien comprendre du mah-jong, l'ambiance, la tension qui découle des parties et surtout le charisme du héros (Akagi) suffisent à faire passer un bon moment". Ma conclusion est sans appel : foutaises. Que l'on se comprenne bien. Si je lis sur un forum ou en commentaire d'un article des réponses du style "One Piece best manga ever", ou "Kuroko's Basket écrase Slam Dunk", si l'auteur le pense réellement, c'est son droit et tant mieux pour lui. Mais j'ai plus de mal à cerner les commentaires plus nuancés, ceux qui justement sont susceptibles de vous faire sauter le pas et de vous pousser à regarder un anime que pourtant, depuis le départ, vous sentez que ça ne va pas le faire du tout. En affirmant qu'Akagi se laisse regarder grâce à son ambiance unique, et malgré la complexité du mah-jong, on fait croire que c'est finalement un anime presque tout public, en tout cas pas réservé à une niche de téléspectateurs. Selon moi, c'est pourtant exactement le contraire !

Si Kaiji m'avait emballé (intéressé) dès le premier épisode, ce ne fut malheureusement pas le cas pour Akagi. Si bien qu'après avoir regardé intégralement les 5 premiers, je décidai de zapper le reste à vitesse grand V, sauf les deux derniers. Résultat des courses, Akagi c'est :

- un héros de 13 ans (il ne les fait pas mais passons) qui ne connait rien au mah-jong au début, mais se transforme très (trop) vite en dieu de la discipline. L'attachement au héros est du coup impossible, car Akagi a l'air unique en son genre (en fait, il est quasiment unique). Je comprends que les fans lui trouvent du charisme, mais c'est typiquement le genre de héros, sans aucun défaut, que je déteste.

- un héros qui n'hésite pas à tricher s'il le faut.

- un héros qui n'affiche que deux expressions : un visage froid et calculateur à 90% du temps, et un visage de psychopathe le reste du temps.

- 4 ou 5 parties de mah-jong, dont la dernière s'étale quand même de l'épisode 14 jusqu'au dernier, ou du tome 7 (chapitre 57) jusqu'au tome 28 du manga.

- une fin d'anime accélérée : le dernier épisode adapte les chapitres 106 à 108 du manga, mais se conclut sur une dernière minute filler, montrant le vainqueur de la partie. En effet, celle-ci se terminant en réalité dans le chapitre 292, le studio en a ainsi zappé environ 16 volumes (une broutille). Bien sûr, c'est de la responsabilité de l'auteur, et on voit donc bien que son manga, publié dans le magazine Kindai Mahjong, se destine avant tout aux accrocs du mah-jong. De toute façon, le studio n'aurait jamais pu se permettre d'adapter intégralement cet arc en rajoutant 40 épisodes, sans lasser même les plus patients.

- un design loin d'être attrayant. Alors je sais, c'est le même que celui de Kaiji mais, malheureusement, comme ni l'ambiance ni les musiques ne m'ont emballé, cela n'a rien arrangé à l'affaire. Pour les musiques, ce sont surtout des musiques d'ambiance, pas trop mal foutues ceci dit, mais insuffisantes en elles-mêmes.

- un narrateur saoûlant. On dirait une voix monotone de GPS. Il y a un fossé par rapport à la prestation pleine de vie du doubleur de Zaraki Kenpachi dans Kaiji ! Il faut rajouter à cela qu'Akagi lui-même parle toujours avec la même intonation.

- le mah-jong est un jeu bien trop complexe pour les non-initiés. Il est en outre impossible d'arriver à lire les sous-titres en bas de l'écran, en même temps que les explications des coups en haut de l'écran. La migraine n'est jamais loin, sauf à se moquer complètement du déroulement de la partie. Hikaru no go avait l'intelligence de son scénario, puisque pendant près de 15 épisodes, le héros lui-même ne savait pas jouer au go et se contentait d'exécuter les coups qu'on lui dictait. Et même sans ça, le jeu de go apparait comme plus "lisible" que les combinaisons indéchiffrables du mah-jong.

On lit souvent que les mangaka sont forts ou doués pour créer des histoires captivantes sur des sujets improbables (cf. la caricature hilarante "You Got Mail" du JdG), mais là non, c'est juste pas possible. Pour vous donner une idée, imaginez simplement que les sous-titres passent au russe pendant le déroulement des parties, soit 90% du temps. Quel fun y a-t-il à suivre un anime où les règles du jeu nous échappent complètement, sauf à demander des efforts au préalable ? Analogies avec le jeu vidéo : est-il agréable qu'un jeu vous oblige à parcourir son manuel d'instruction avant d'en profiter ? Ou de jouer à un RPG en japonais, sans rien comprendre de cette langue ?

Pour conclure sur ça : oui (et heureusement), il est possible que vous "kiffiez" Akagi, même pour des raisons qui m'échappent, mais NON, c'est selon moi un anime réservé à une niche.

Après, cela dépend de vos goûts. Si vous appréciez les héros infaillibles du début à la fin, comme Tsubasa au football, vous allez aimer (le personnage d') Akagi. On ne le voit jamais pleurer ou douter, contrairement à Kaiji. Il est sûr de lui, fait toujours la même tête quand il joue et n'a pas peur de mourir. C'est simple, il recherche des sensations fortes que seule la mort est à même de lui offrir. Sans l'intervention d'un personnage, il se serait même fait tuer. Bref, Akagi n'a rien à voir avec Kaiji. Vous pouvez apprécier l'un, quand l'autre vous laissera de marbre.

Je précise que ma note ici ne veut "rien" dire, car en temps normal je n'aurais pas regardé cet anime, le thème du mah-jong ne s'adressant définitivement pas à moi. Je ne l'aurais donc pas noté. Je rappelle au passage que la note n'évalue pas le titre en question, mais seulement le "bon temps" que j'ai pris lors du visionnage. Pour faire un parallèle, Fairy Tail ne s'adresse pas à moi (tranche d'âge). J'ai beau le trouver nul pour tout un tas de raisons, son auteur n'a pas "triché" et a eu la décence d'annoncer la couleur très tôt. Résultat : jamais sur ce site, à part pour cet exemple, vous ne lirez de critiques concernant Fairy Tail. Si on se met à noter les anime qui ne nous ciblent pas, alors pourquoi pas aller noter "Mon Petit Poney" tant qu'on y est... Bref, vous l'aurez compris (ou pas), je n'ai noté Akagi qu'à titre indicatif (pour ceux qui ne veulent pas lire de spoils ou de pavés), à cause de ces fans affirmant que l'on pouvait passer outre le mah-jong et l'apprécier pour son ambiance. En faire une généralité est donc FAUX, selon moi. Dans Hikaru no go, on peut passer outre le jeu de go car la rivalité entre joueurs et le parcours du héros étape par étape avaient quelque chose de captivant. Dans Akagi, le héros est un maître du jeu dès les premiers épisodes. Il n'y a aucune rivalité, même quand on fait croire qu'il pourrait y en avoir ! Akagi révèle sa nature démoniaque en jouant au mah-jong. Il est même sans pitié. Il n'y a rien d'autres que du mah-jong, des coups incroyables et incompréhensibles pour la majorité des téléspectateurs, et une seule attitude calculatrice du héros, dans le genre "vous inquiétez pas, j'ai déjà tout prévu".

Pour terminer, dans le même style d'anime, on trouve aussi One Outs, sur le base-ball cette fois-ci. N'étant pas fan de base-ball, j'étais passé également complètement à côté de ce titre. Je ne l'ai pas regardé sérieusement ceci dit (c'était impossible).

Une petite mise à jour de rien du tout, après m'être repenché sur la série et le manga. D'abord, pour préciser que la série fait l'impasse sur les chapitres 52 à 56 du manga. Mais sans grande conséquence, si ce n'est que j'y ai lu une description d'Akagi qui m'a aidé à affiner mon avis sur ce personnage, même si l'intrigue n'en avait rien caché. Il y est bien dit en effet qu'Akagi est différent du commun des mortels, que ses réactions sont "incompréhensibles". Akagi n'est pas un héros au sens classique du terme. En cela, je dois reconnaitre que l'ambiance de l'anime est particulièrement réussie, et les épisodes 13, 14 et 15 (sans mah-jong) valent le coup d'oeil. Mais il faut rester objectif et dire qu'un arc de 21 tomes qui tourne autour d'un seul affrontement, ce n'est juste pas possible. En définitive, un Akagi avec le type de jeux qu'on a pu voir dans Kaiji aurait été à mon avis une bien meilleure combinaison, car la complexité du mah-jong a de quoi gaver plus d'un téléspectateur. Maintenant, il faut bien garder à l'esprit que ce manga est édité dans une revue spécialisée sur le mah-jong, et de fait, est tout sauf un manga grand public. Vous noterez que j'ai été honnête ou objectif dans le titre choisi pour cette page.

Par contre, je suis fan du volume 28 et de la suite. Même avec des dessins repoussants, j'ai trouvé l'atmosphère réussie !