Vue d'ensemble - Filler Guide


> Ghost in the Shell

Genre : science-fiction / thriller
Anime : 1995~2006 films et séries
Note : le film 8, SAC S1 7, SAC S2 5
Manga : 1989~1991, 2 vol (9)
Auteur : M. Shirow



I] Au sujet des films, des séries et des manga.
Pas de spoiler :

La liste suivante n'est pas exhaustive, mais permet d'y voir plus clair :

- Ghost in the Shell (le manga de 1989) : l'oeuvre de Masamune Shirow (un pseudonyme) qui a été adaptée en film. Sa lecture est recommandée si vous avez apprécié le film, dans la mesure où la plupart des gens auront commencé par celui-ci. Vous y trouverez, de nouveau, essentiellement des enquêtes plus ou moins indépendantes. L'histoire est complète, si bien que les autres manga estampillés "Ghost in the Shell" ne présentent pas vraiment d'intérêt, c'est pourquoi on n'en parlera pas ici. Le manga s'adresse à un public averti.

- Ghost in the Shell (le film de 1995) : il adapte l'intrigue principale du manga, en cela qu'il montre le sort que connaît l'héroïne. Une bonne partie de la fin est filler (inventée) mais le studio renoue dans les dernières minutes avec le manga pour fournir un dénouement quasiment identique. Cette oeuvre est culte, sa bande son sublime. Malgré tout, on ne pourra que reconnaître que la durée du film (seulement 1h20) n'est pas vraiment à la hauteur, et que donc certaines séquences pourront paraître pour le moins obscures. Par exemple, les états d'âme de l'héroïne auront du mal à être compris, et le ton monotone au niveau du doublage pourra éventuellement en ennuyer certains. Ce film aurait sans doute gagné à durer plus longtemps, en approchant pourquoi pas des 2h (comme Akira), et en présentant ainsi avec plus de clarté l'univers du manga. Le film contient des scènes pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes.

- Ghost in the Shell Innocence (le film de 2004) : si vous avez trouvé le premier film incompréhensible, alors passez votre chemin. Celui-ci comprend certes des éléments qui en font la suite directe du premier, mais il part très vite dans des réflexions philosophiques à n'en plus finir. C'est un film définitivement plus à voir pour la forme (les dessins) que pour le fond, donc c'est selon vos goûts...

- Stand Alone Complex, saison 1 (2002~2003) : première série de 26 épisodes, basée sur l'univers du manga et son découpage enquêtes indépendantes / trame principale. Ainsi, 14 sont des "stand alone episodes" (plus ou moins indépendants) tandis que le reste est constitué des "complex episodes" (liés les uns aux autres). Si la distinction apportée dès l'écran titre est des plus appréciables (on aurait aimé que des séries comme Cowboy Bebop ou Samurai Champloo présentent cette mention), dans la pratique il ne faut pas croire que les épisodes dits "complex" se suffisent à eux-mêmes. Bien au contraire, l'intrigue qu'ils développent fait référence à des événements qui se sont produits dans ces épisodes censés être indépendants, si bien qu'en fin de compte, à 3 ou 4 épisodes près, vous n'avez pas à vous soucier de quel type d'épisode vous avez affaire : il faudra presque tous les regarder de toute façon. Cette première saison permet de se familiariser avec tout ce que le premier film avait plus ou moins mis de côté (la section 9, les robots, des intrigues politiques, etc.). Le tout reste regardable, même si 26 épisodes pour adapter l'univers d'un manga qui en avait fait le tour en seulement 2 tomes pourra paraître quelque peu long. Cette série est basée sur le manga, elle en reprend les personnages, le contexte et divers éléments, mais strictement aucune histoire n'y est adaptée.

- Stand Alone Complex, saison 2 (2004~2005) : deuxième saison de 26 épisodes, calquée sur le modèle de la première, mais de manière moins marquée concernant les différences entre les types d'épisodes. Comme dit précédemment, on avait un peu fait le tour avec la première saison, donc celle-ci s'adresse plutôt aux fanatiques (sans être péjoratif) de l'oeuvre, qui regardent tout ce qui sort à son sujet. Autrement dit, si on pouvait comprendre qu'un titre culte comme le manga de Masamune Shirow aurait mérité plus qu'un simple film d'1h20 n'y rendant pas complètement honneur, une fois visionnée la première saison, on peut se demander s'il était vraiment utile d'en rajouter. Mais bien entendu, cela dépend des goûts de chacun...

- Stand Alone Complex, le rieur (2005) : un film qui reprend l'enquête au sujet du personnage du "rieur" de la première saison Stand Alone Complex (12 épisodes sur les 26). Si le premier film (1h20) GITS pouvait paraître court, cette fois-ci les auteurs ont carrément fait dans l'excès : 2h40 ! En théorie, ce film est censé reprendre l'histoire de 12 épisodes de 20 minutes, soit environ 4h d'animation. Et encore, il fallait aussi parler de la section 9, des personnages et de l'univers abordé dans les épisodes 1 à 3 de la saison 1 (le premier épisode "complex" est le 4ème). Si ce n'était que ça. Le film fait complètement l'impasse, ou plus exactement rend compte en accéléré (et c'est peu dire !) d'un élément plus ou moins déterminant de l'intrigue, qui nous est donc servi en 2 minutes chrono, là où les épisodes "stand alone" nous y amenaient petit à petit. Déjà que dans la saison 1 cet élément pouvait paraître un peu gros, car pas vraiment crédible (sans doute qu'entendre la voix de celle qui double Sakura de Card Captor Sakura n'y aide pas ?), alors tel que montré dans le film, ce n'était vraiment pas gagné. Au final, on peut se demander à qui il s'adresse, puisque ceux qui auront déjà vu la série n'y verront aucun intérêt (du déjà vu), et les nouveaux devront supporter 2h40 d'animation avec des passages qui en l'état font plutôt dans la grosse ficelle.

- Stand Alone Complex, les onze individuels (2006) : un film qui reprend l'intrigue principale de la deuxième saison Stand Alone Complex. Vous devinez sa durée ? Oui, 2h40 lui aussi. Ce film (ou l'intrigue principale de la saison 2) fait énormément penser à la série d'action 24h chrono (24), sans les éléments propres à l'univers du manga bien entendu. Il tourne autour d'une intrigue à caractère politique. Si le premier film de 1995 pouvait (à juste titre) laisser perplexe certains téléspectateurs non initiés ou réceptifs au genre, celui-ci est bien plus compréhensible. Peut-être trop même. Il n'y a presque pas de surprises, ou de folies. Certes, le manga comprenait lui aussi un peu le même type d'intrigues, mais elles ne dépassaient pas les 40 pages. Surtout, sa fin n'est absolument pas originale, tant elle fait penser à une repompe de celle du premier film (ou de la première saison). En bref, c'est un film bien ennuyeux, avec un méchant à l'allure des plus clichés, tout droit sorti d'un James Bond...

Ce n'est pas vraiment important, mais on notera que les robots "Fuchikoma" (du manga) sont remplacés par des "Tachikoma" dans les séries. Dans l'idée, ce sont les mêmes robots. Leurs courtes séquences, après le générique de fin de chaque épisode, s'inspirent d'ailleurs du manga.

En guise de synthèse, si vous aimez les ambiances à la Blade Runner (1982), Terminator et son skynet (1984) ou encore Matrix (1999), le manga, le premier film et la première série sont faits pour vous.


II] Au sujet du doublage des films et des séries.
Pas de spoiler :

Pour le premier film, nous avons droit à la participation de :

- Tania Torrens pour l'héroïne (Kusanagi), la voix de Sigourney Weaver (Alien)
- Daniel Beretta, la voix culte d'Arnold Schwarzenegger (excusez du peu !!!)
- Pascal Renwick, la voix (grave mais non moins culte) d'Arnold Schwarzenegger dans Terminator 1, et surtout celle de Laurence Fishburne dans Matrix (Morpheus)

Pour les séries Stand Alone Complex, nous trouvons :

- Daniel Beretta, la voix culte d'Arnold Schwarzenegger (excusez du peu !!! (bis))
- Yann Pichon, la voix de Spike dans Cowboy Bebop
- Patrick Bethune, qui double Kiefer Sutherland (Jack Bauer) dans la série télé 24
- Patricia Legrand, la voix de Sakura dans Card Captor Sakura
- Bérangère Jean (Faye Valentine dans Cowboy Bebop) pour divers personnages féminins

Kusanagi est donc doublée par quelqu'un d'autre, avec un rendu fort honorable, à l'image de ses collègues.


III] Les différences entre le manga et le 1er film.
Gros spoiler :

Le manga se découpe en 11 parties :

1) une mission en cours de Kusanagi, l'héroïne. Cette partie s'étale sur une dizaine de pages.

2) une mission (indépendante de la trame principale) de la Section 9, celle où évolue Kusanagi. On y voit l'héroïne et ses collègues utiliser les Fuchikoma, machines (autonomes, mais qui peuvent accueillir un pilote) absentes du premier film, mais régulièrement présentes dans le manga. Pour donner une idée, ils sont comme un modèle réduit du tank de la fin du film, mais au service de la Section 9.

3) la 3ème partie tourne autour du concept de l'expérience simulée, c'est-à-dire le fait d'implanter des souvenirs à un individu qu'il croit siens, un peu comme au début du film Total Recall (avec Arnold Schwarzenegger) ou dans le premier épisode de la série Cobra.

4) un chapitre ("la révolte des robots") de quelques pages sur les Fuchikoma.

5) encore un court chapitre nous apprenant le processus de création d'un cyborg, en dévoilant certains détails.

6) une enquête (indépendante) de la Section 9.

7) une autre enquête (indépendante) de la Section 9, avec des implications politiques.

8) une enquête (indépendante) de la Section 9, qui fait suite à une tentative d'assassinat de Kusanagi. On y retrouve la Section 1, et un modèle réduit du tank vu dans la fin du film. Ce tank est toutefois piloté par un humain (40 pages environ).

9) premier chapitre (environ 40 pages) sur le Puppet Master. Son dénouement diffère de celui du film : la Section 9 réussit à intercepter les fuyards, mais ils actionnent un dispositif faisant exploser l'arrière de leur véhicule. La tête de l'androïde contenant le Puppet Master est endommagée, mais le programme est par chance resté intact. Kusanagi demande alors à y plonger, Batou et le chef Aramaki restant à ses côtés. S'ensuit une première discussion entre elle et le Puppet Master. A la fin du chapitre, elle revient à elle.

10) deuxième chapitre (40 pages environ) sur cette intrigue. Kusanagi est piégée (filmée) au cours d'une mission, en abattant trop froidement une cible. Les média sont mis au courant, et l'affaire fait grand bruit parmi les politiciens. Le chef Aramaki recommande à sa recrue de plaider coupable, pour diminuer sa peine. Mais Kusanagi veut mener à bout son enquête. Son expérience du chapitre précédent lui a laissé des séquelles. Elle organise avec Batou la mise en scène de sa mort, si bien qu'en fin de chapitre, elle doit abandonner son corps.

11) Le dernier chapitre (20 pages environ) débute par Batou conduisant Kusanagi (uniquement la tête) à un de leur repaires, en changeant régulièrement de voitures. Arrivés à destination, Batou s'aperçoit que le corps de rechange de sa collègue n'est plus en état : il n'a pas supporté l'épreuve du temps. Il part donc récupérer un autre corps synthétique, en laissant la tête dans la planque. De manière à économiser sa batterie, Kusanagi se met en sommeil, et c'est à cet instant que le Puppet Master entre en contact avec elle. Après lui avoir confié être vulnérable en l'état et expliqué son but (se reproduire de façon à se diversifier), il lui demande de fusionner avec lui, ce que Kusanagi accepte. Plus tard, Batou place Kusanagi dans un corps synthétique d'homme (sans doute un travelo, d'où sa méprise). Après un bref échange où Batou finit par lui demander si elle comptait retourner à la Section 9, Kusanagi le quitte, en terminant sur un énigmatique : "le net est vaste".

Le film tiré du manga dure environ 1h20. Maintenant que les différentes parties du manga ont été plus ou moins traitées, il est plus facile de rendre compte de l'adaptation :

- du début à 4 min 1x : la 1ère partie du manga est adaptée, c'est-à-dire la mission au cours de laquelle Kusanagi utilise son camouflage optique en se jetant d'un hôtel.
- jusqu'à 7 min 2x : le générique culte, qui englobe la 5ème partie du manga, mais sans les explications de celle-ci (c'est un générique).
- jusqu'à 28 min : la 3ème partie du manga, rendue assez fidèlement.
- jusqu'à 36 min 3x : plutôt exclusif à l'anime, on s'attarde sur les états d'âme de l'héroïne.
- jusqu'à la fin : inspirée de la 9ème partie en coupant à la scène de la poursuite, puisque celle-ci finit dans une sorte de bâtiment où un tank suréquipé est censé protéger les fuyards. Cette scène du tank est probablement inspirée du combat entre Kusanagi et un modèle plus réduit (cf. partie 8)), puisque là aussi c'est Batou qui arrive in extremis pour le détruire avec une arme spéciale. La 10ème partie est laissée de côté, à part le fait que Kusanagi se retrouve opportunément (dans le film) avec seulement sa tête à la fin. La 2ème moitié de la 11ème et dernière partie est adaptée de manière fidèle. Batou récupère alors un corps synthétique de jeune fille, mais ce n'est qu'une différence mineure.

En résumé, le film restitue assez bien l'ambiance du manga, à 2 ou 3 éléments près :
- les robots Fuchikoma sont absents. Leur présence n'était ceci dit pas nécessaire en raison de l'intrigue adaptée.
- le film adopte un ton sérieux du début à la fin, alors que le manga se permet quelques moments de détente et d'humour. Mais là aussi, l'intrigue adaptée était plutôt sérieuse, donc cela reste cohérent.

Certaines enquêtes du manga ont beau être indépendantes, elles aident néanmoins grandement à se familiariser avec l'univers dépeint.