Vue d'ensemble - Filler Guide


> JoJo's Bizarre Adventure

Genre : fantastique / suspense
Anime : 2012~2014, 50+ ép
Note : S1 4, S2 5, S3 8
Manga : 1987~2014, 107+ vol (7)
Auteur : Hirohiko Araki



I] La longueur du manga, les différentes parties et le style graphique.
Léger spoiler :

En introduction, on peut dire que JoJo's Bizarre Adventure (JBA) est un titre culte au Japon, au même titre que Dragon Ball. Pourtant, malgré cette popularité, il n'a jamais connu d'adaptation en dessin animé, en parallèle de la publication du manga. L'histoire réservant parfois des surprises, c'est à la fin de l'année 2012 que celui-ci décidait de montrer le bout de son nez, soit tout de même 25 ans plus tard. En France, c'est aux éditions "J'ai lu" qu'il a été publié et 46 tomes ont vu le jour, jusqu'à l'arrêt de leur activité manga en 2006. Quelques années plus tard, c'est l'éditeur Tonkam qui a repris le flambeau, en éditant directement la suite. En 2013, la réédition des premières parties, en commençant par la 3ème (apparemment la plus populaire aux yeux des fans), débutera.

Parmi les séries les plus connues en France, et qui dépasseront probablement la centaine de volumes, nous avons One Piece et Détective Conan (pour Hajime no Ippo, c'est déjà fait). Il parait évident que le nombre conséquent de volumes peut être est un frein psychologique au moment de songer à l'achat ou tout simplement à la lecture. Pour cette raison et entre parenthèses, certains pourront regretter ce temps où les manga ne dépassaient pas (de trop) les 40 volumes, et où donc une collection restait encore abordable et sans trop lasser. JBA fait donc partie de ce trio, en dépassant déjà la barre symbolique des 100 volumes. Contrairement à One Piece qui raconte le déroulement d'une histoire au fil du temps, ou de Détective Conan, qui nous fait du surplace (personne ne vieillit) au niveau temporel, l'auteur de JBA, Hirohiko Araki, a découpé son manga en plusieurs parties. La première (5 volumes) prend place quelque part au 19ème siècle. La deuxième (7 volumes) environ 50 ans plus tard, dans d'autres lieux. Et ainsi de suite. Vous pourrez lire sur internet que les parties sont indépendantes, et que l'on peut donc commencer par celle que l'on veut. Sachez que ceci est faux : la 2ème partie est la suite directe de la première, et même si les environnements et contextes sont différents, il sera difficile de croire que les parties suivantes n'ont aucun lien avec les premières. Plus précisément, si l'envie vous prend, vous pouvez très bien commencer par la 3ème partie (de la fin du tome 12 au tome 28), mais il faudra bien prendre conscience que vous connaîtrez alors les dénouements des 2 parties précédentes, et que si par hasard vous deveniez accroc à ce manga, leur intérêt serait pour ainsi dire réduit à néant.

Ce qu'il faut retenir, c'est que JBA est un manga qui se lit différemment des autres. On peut sans doute dire que pas grand monde (ailleurs qu'au Japon) aura pu lire l'intégralité de l'oeuvre (plus de 100 volumes !), mais cela n'empêchera personne de trouver son compte en lisant seulement quelques saisons du manga. Autrement dit, le plus frileux pourra se motiver à lire la première partie dans son ensemble (qu'est-ce que 5 volumes ?), avant de se forger un premier avis. Avec la première partie de JBA, vous avez une saison complète. Le 5ème volume comprend d'ailleurs le début de la saison suivante, de manière à ce que vous compreniez sur quel mode est développé ce manga. Donc libre à vous de continuer ou non après ça. Pour faire une comparaison avec une série de jeux vidéos, la plus proche de l'esprit JoJoesque serait la série des Castlevania, avec Dracula (la menace) qui revient de temps à autre, et qui se voit confronté à des générations de chasseurs de vampires. Avec cet exemple, et pour ceux qui connaissent, vous comprenez très bien que vous n'êtes pas obligés de jouer à tous les opus pour y trouver votre compte. On peut dire que c'est le type même de l'histoire sans fin, qu'aucun être humain ne pourrait connaître en une vie (et pour cause). La même idée revient dans le jeu vidéo Dragon Quest V (SNES et NDS), avec les générations.

Les différentes parties du manga :

- 1) Phantom Blood (volumes 1 à 5)
ambiance de films d'horreurs dans l'Angleterre du 19ème siècle.

- 2) Battle Tendency (volumes 5 à 12)
ambiance qui tend vers le burlesque (façon Indiana Jones), vers le milieu du 20ème siècle.

- 3) Stardust Crusaders (volumes 12 à 28, les 13 OAV)
ambiance de road movie (du Japon jusqu'en Egypte), vers la fin du 20ème siècle.

- 4) Diamond is unbreakable (volumes 29 à 46)
ambiance rappelant des séries telles que Heroes (super pouvoirs) et Dexter (serial killer).

- 5) Golden Wind (volumes 47 à 63)
ambiance de films de gangsters (se déroule en Italie, avec une référence au Parrain 1).

- 6) Stone Ocean (volumes 64 à 80)
ambiance propre à l'univers carcéral (se déroule aux Etats-Unis, au 21ème siècle)

- 7) Steel Ball Run (volumes 81 à 105)

- 8) JoJolion

A chaque partie correspond une époque, et donc un héros différent, surnommé JoJo (la contraction des noms et prénoms, comme Jonathan Joestar, Joseph Joestar, etc.). Cela permet de varier les personnages et leur tempérament, et donc d'éviter la lassitude qui peut apparaître avec certains héros de manga que l'on suit logiquement du début à la fin et qui ne connaissent que très peu de variations question mentalité (Ichigo, Naruto, Luffy...).

Normalement, la première chose que l'on cherche à savoir concernant un titre dont quelqu'un vous vante l'intérêt, c'est le nombre de volumes (ou d'épisodes). La réponse a été donnée précédemment : plus d'une centaine, mais le manga est découpé de telle sorte qu'on peut l'arrêter à certains endroits, de manière à ne lire que des saisons complètes. Maintenant que vous avez le premier volume entre les mains (ou un épisode devant les yeux), la première chose que vous analyserez est bien évidemment le style graphique. N'y allons pas par quatre chemins : celui de JBA ne laissera personne indifférent. Si la façon dont étaient dessinés les nez dans la série Escaflowne pouvait prêter à sourire au début (et je ne parle pas des bouches dans Initial D), concernant JBA, c'est bien l'ensemble qui pourra rebuter (ou non). Et à plus forte raison dans le manga. Dans le détail, le héros (JoJo) ressemble par moment beaucoup à Kenshiro, celui de Ken le survivant. Vous rajoutez à ça les gros muscles typiques de cette série, et vous n'êtes pas loin de vous demander si ces deux manga ne seraient pas par hasard du même auteur. Le temps des premières parties au moins (12 volumes), nous avons donc un style rappelant Ken le survivant. Mais c'est bien la touche personnelle de l'auteur qui contraste le plus.

Les personnages masculins sont en effet représentés dans des poses très souvent extravagantes, impossible à réaliser (membres désarticulés), ou évoquant des concours de bodybuilding ou de défilés de mode avec des postures parfois olé olé (plutôt dans les 2 premières parties). A côté de ça, nous avons ces bijoux que portent les personnages masculins, ces chapeaux très fashion, ces boucles d'oreilles, ces vêtements très particuliers avec des plumes, ces coeurs. C'était déjà un peu le cas avec Ken le survivant, donc si ça n'est pas votre truc, sachez donc que l'auteur de JBA a mis la gomme à ce niveau là. Cette caractéristique ne concerne que le style graphique, c'est-à-dire que cela ne se retrouve pas dans le scénario ni dans les dialogues. Le héros ne demandera donc pas à son ennemi s'il n'a pas un rouge à lèvre à lui prêter par hasard, ou s'il est au courant des dernières tendances vestimentaires. Ce n'est pas comme un Card Captor Sakura qui va vous proposer des dessins agréables et tout public, pour être par moment complètement farfelu dans son scénario... En fin de compte, ce serait même le contraire d'un CCS justement : une histoire accompagnée d'un style graphique exotique.


II] Au sujet de la série débutée en 2012 et des 13 OAV.
Pas de spoiler :

Si Tonkam a réédité ce titre dans un ordre particulier (d'abord la 5ème partie, puis 6ème, 3ème et 7ème en parallèle, et enfin 1ère, 2ème et 4ème à venir), la série commence, elle, bel et bien par le début du manga. Il sera donc toujours l'occasion de la visionner, pour avoir une idée de la teneur de cette oeuvre. Car on ne le répétera jamais assez : avec plus de 100 volumes et un style graphique qui contraste énormément avec le reste, JoJo's Bizarre Adventure possède deux freins non négligeables. Mais il faut savoir tirer partie des opportunités qui nous sont offertes, et de ce côté-là, la série rebat complètement les cartes. Les faiblesses se transforment pour certaines en atouts. Le plus important est sans aucun doute qu'avec une telle avance du manga, la série ne se perdra jamais du côté obscur de la force (cf. les fillers). Cela permet un rythme des plus soutenu. Même si certaines scènes sont passées à la trappe (celle d'ouverture du manga), les 26 épisodes de 2013 adaptent les 12 premiers tomes. Soit à peu de choses près 2 épisodes par tome !

Cette série ne devrait donc connaître aucune lenteur. Lenteur qui est le fléau même de titres bien connus comme Dragon Ball, Naruto, One Piece ou Hunter x Hunter (1999) dans ses débuts. Comparez un épisode de Dragon Ball Z qui adapte bien trop souvent un seul chapitre du manga (14 pages), à la moitié d'un tome pour un épisode pour JBA. Si la série gardait le même rythme, alors 100 tomes seraient adaptés en à peu près 200 épisodes (à comparer aux 366 de Bleach et quasiment plus de 500 pour les autres). Naturellement, faute d'audience ou pour des raisons diverses, l'adaptation pourrait être annulée avant son terme. Mais tout ce qu'il faut retenir, c'est que pour une fois qu'une série n'aura pas besoin d'épisodes fillers à 2 balles parce que sa diffusion aura trop rattrapé l'avancement du manga, il serait malvenu de lui tourner le dos.

Quant aux 13 OAV, elles concernent la 3ème partie du manga, mais ne la reprennent pas dans sa totalité. Ce qui suit contient des spoilers jusqu'à la fin de cette partie, alors attention.

Je retranscris ici simplement les notes que j'ai prises après avoir visionné ces OAV, ayant la flemme d'écrire une synthèse. Je ne détaille pas toutes les différences que l'on trouve avec le manga ou la série de 2014, car beaucoup de Stand manquent à l'appel et ce serait fastidieux de tout décrire. Considérez ces OAV comme un condensé rapide de la 3ème partie de l'oeuvre, avec néanmoins un final plutôt fidèle. Notez également que les OAV 1 à 7 n'ont pas le même réalisateur que les suivantes, ce qui se traduit par un changement de design. Au sujet du doublage, Jotaro est interprété par Jacques Albaret, la voix de Folken dans Vision d'Escaflowne, Vicious dans Cowboy Bebop, ou encore le directeur adjoint Skinner dans la série X-Files. Je n'ai visionné ces OAV qu'une seule fois, donc peut-être que je me trompe, mais j'ai trouvé qu'il n'y avait pas vraiment d'humour, contrairement au manga ou à la série. Ce qui est "drôle" par contre, c'est qu'en vf le nom des Joestar est prononcé comme pour le rappeur Joeystar (Joéstar), alors qu'en japonais il est dit "Jo~ostar" (qu'est-ce qu'on s'marre).

OAV 1 : L'esprit maléfique

- le début montre la conclusion de la première partie de l'oeuvre (Phantom Blood), avec Dio et Jonathan sur le bateau. L'OAV se termine par Star Platinum dessinant la mouche de la photo de Dio et Joseph Joestar disant la faxer à la fondation Speedwagon pour analyse. Puis une jeune femme (Enya) parle de cartes de tarot, et évoque Jotaro en riant.

OAV 2 : Hierophant Green

- la femme médecin est remplacée par une lycéenne. Le combat n'a pas lieu dans l'infirmerie, mais dans un endroit boisé à proximité du lycée. Kakyoin demande à les accompagner en Egypte. Joseph utilise directement un jet privé de la fondation. Avdol fait tirer une carte de tarot à Jotaro, et l'informe que son Stand s'appelle Star Platinum. Les quatre s'apprêtent à embarquer dans le jet. On voit derrière eux un type louche, tapis dans l'ombre. Dio sent qu'ils se dirigent vers l'Egypte.

OAV 3 : Silver Chariot & Strenght

- le jet est rapidement victime d'un accident au-dessus de la mer, et ils finissent dans un bateau pneumatique. Ils tombent sur le navire-Stand The Strenght de l'orang-outan. Evidemment, la gamine du manga n'est pas présente. Polnareff est carrément dans le bateau, en train de déjeuner. Il se fait battre par Avdol. Ensuite, un membre de l'équipage se fait embrocher comme dans le manga (scène violente, avec plein de sang). Jotaro blesse un peu le singe, mais c'est Silver Chariot qui le finit, en le coupant en deux, donc là ce n'est pas du tout fidèle au manga. Et le navire-Stand se désintègre. Son passage a duré 2 minutes. Sur un bateau, Polnareff leur raconte l'histoire du type aux 2 mains droites, et de sa soeur. A la fin, Enya (jeune) est avec Dio. Elle évoque l'Empereur et le Pendu, son fils J-Gail. A noter une petite bourde dans la vf, quand Joseph demande : "Où est Holy ?" au lieu de "Où est Dio ?".

OAV 4 : L'Empereur & le Pendu

- même scène avec les mendiants en Inde, et les "bakchich". Hol Horse n'est pas sur un cheval, mais sur une moto. Il y a bien la femme qui lui colle aux basques. A part la moto, c'est très fidèle. Se termine sur la "mort" d'Avdol, et Polnareff qui pleure.

OAV 5 : Jugement

- le duel entre J-Gail et Polnareff est très fidèle. Hol Horse réussit à s'enfuir grâce à la femme. On voit l'enterrement (fake) d'Avdol. A la fin, Enya ressent les blessures (mortelles) de son fils, comme dans le manga. Elle jure vengeance, et justice.

OAV 6 : La brume de la vengeance

- débute par Hol Horse "vs" Dio, quand il comprend sa supériorité. Enya vs Hol Horse comme dans le manga, ainsi que le cadavre avec les trous. Quand Enya se présente au groupe, elle est vieille. Mais elle piège Polnareff en étant "jeune femme". Hol Horse se pointe et avertit Polnareff. Le combat n'a pas encore commencé à la fin de l'OAV.

OAV 7 : Justice

- intervention d'Avdol face au Stand Justice qui leur faisait des misères. Jotaro fait à Enya son "truc" de la cigarette, auquel les manieurs de Stand réagissent. Il fait bien aspirer Justice, comme dans le manga. Avdol n'a pas servi à grand-chose, et explique ensuite comment il a survécu. Enya, en vieille, meurt du bourgeon de chair, tandis qu'Hol Horse est laissé dans le coin par le groupe, amoché mais en vie. Ils quittent ce désert, et nous arrivons dans la partie Egypte.

OAV 8 : Iggy, The Fool et N'Dul, le Dieu Geb, partie 1

- le générique montre le sacrifice au sommet de la pyramide du tout premier chapitre du manga, une scène non adaptée dans la série de 2012, à part rapidement dans son ending. Et on voit le cercueil de Dio remonté à la surface. Le character design est légèrement différent, par exemple la couleur des cheveux de Kakyoin change. Le doublage reste heureusement identique. L'OAV commence par l'arrivée d'Iggy en hélico. On voit bien le Stand dans la bouteille qui arrache la tête du pilote (bien dégueu). Kakyoin est bien blessé aux yeux. Se termine par l'accident de camion, quand tous deviennent ensuite immobiles et silencieux.

OAV 9 : même titre, partie 2

- N'Dul raconte bien à Jotaro le truc des dieux égyptiens, qu'il est lui le dieu Geb. L'OAV est fidèle. A la fin, Iggy ramène sa casquette à Jotaro. Puis on voit un musée égyptien avec un tombeau portant la mention de Dio (idéal pour passer incognito ^^).

OAV 10 : D'Arby, le parieur

- c'est très fidèle. S'arrête à la crise de folie de D'Arby, quand ils se décident à continuer leur périple.

OAV 11 : le monde de Dio. Vanilla Ice

- dès le début, ils sont devant le manoir de Dio. Au lieu du "demeuré" qui se trouve dans le cercueil de Dio, c'est Avdol qui y est, blessé, après l'avoir attaqué avec son Stand. Puis Dio se montre. Avdol dit avoir compris le secret de son Stand, mais repousse Polnareff et se fait mettre en charpie par Vanilla Ice, comme dans le manga. Vanilla Ice se coupe la tête lorsque Dio le lui ordonne, pour montrer qu'il lui obéit aveuglément. Dio lui redonne vie grâce à son sang. Bien sûr, Polnareff tombe dans un "trou", pour qu'il puisse se battre comme dans le manga. Le chien le rejoint de son plein gré. Polnareff ne peut rien faire, et Iggy parvient à blesser Vanilla Ice avec son sable. Ce dernier se venge en découpant le chien en deux (bien dégueu, et surtout non fidèle). Puis Polnareff le transperce de coups d'épée et finit par lui découper la tête en deux. Vanilla Ice meurt, tandis que Polnareff pleure la mort d'Iggy. Jotaro expulsé par Dio, Kakyoin s'amène pour aider Joseph. Ils s'enfuient en voiture. La nuit tombe.

OAV 12 : Kakyoin, combat à mort dans la barrière

- très fidèle au manga, avec les scènes de Dio et du sénateur dans la voiture. S'arrête quand Jotaro dit à Dio qu'il faut bien qu'il s'approche pour lui casser la gueule. Bien sanglant, même s'il n'y a pas la scène du chat.

OAV 13 : Adieu, ami

- les restes de Dio sont balancés à la mer, au lieu d'être exposés au soleil. La scène de transfusion n'est pas montrée, mais racontée par Joseph. Scène de l'aéroport avec les adieux à Polnareff. Se termine par Holy qui se réveille, auprès de sa mère. Très fidèle donc, quoiqu'un peu rapide, mais vu les passages répétitifs, ce n'est pas un mal.


III] Les inspirations et influences possibles.
Léger spoiler :

- au niveau des dessins : cela a déjà été mentionné, mais le héros ressemble par moments beaucoup à Kenshiro. De même que cette tendance à rendre les personnages démesurément musclés fait penser à Ken le survivant. Il est clair que quand on ne connait pas le fond de l'oeuvre, en feuilletant rapidement JBA on se dit que ce n'est qu'une pâle copie de Ken le survivant avec uniquement de la baston. Et pourtant...

- la narration (par l'auteur et non ses personnages) : c'est une chose particulièrement présente dans Hunter x Hunter (tomes 18 à 30), pour citer un manga plus récent, et quasiment absente de titres tels que Dragon Ball, Bleach, One Piece, Naruto, Saint Seiya, etc. Dans JBA (essentiellement dans la 2ème partie), nous avons comme un narrateur (l'auteur lui-même), qui livrerait compte des événements en cours, tout en ayant la capacité de capter les émotions des protagonistes. On retrouve ce style dans les vieux comics Spiderman (pour donner un exemple), où le scénariste décrit la situation et l'état d'esprit de son héros dans le haut des cases. Cela donne une toute autre dimension à l'histoire, et permet de développer les pensées les plus profondes des héros de manière beaucoup plus captivante. Dans le sens où il est très rare qu'un personnage explique son état d'esprit à un autre de manière très poussée dans le feu de l'action, tout simplement parce que ce ne serait pas le moment. L'auteur peut même s'adresser au lecteur en usant de ce procédé, et s'amuser avec lui des clichés les plus persistants. Ces "arrêts sur image" figurent parmi les caractéristiques qui différencient nettement JBA des autres.

- les vampires et la mythologie qui va avec, très présente dans les 2 premières parties.

- le volume 32 (4ème partie) présente un clin d'oeil à Cell de Dragon Ball Z.

- dans le volume 52, on voit un match de football à la télévision, avec Tsubasa (Olive et Tom) à l'écran.

- l'auteur s'inspire de noms (d'albums, de chanteurs, de groupes, de chansons) de la scène musicale pour ses personnages ou Stand : Dire, Straits, Jean Pierre Polnareff (Michel), Red Hot Chili Pepper, Zeppeli (Led Zeppelin) et des dizaines d'autres. On notera, avec un brin d'humour, que si dans les OAV (3ème partie), nous entendons en français le nom des Joestar prononcé comme celui du rappeur JoeyStarr (joéstar), il n'a rien à voir avec lui. La version originale prononce ce nom "jo~ostar".

Les autres parties du manga sont remplies de clins d'oeil à des oeuvres cinématographiques. On se contentera d'en citer quelques unes parmi les plus connues :

- une référence au film "Chucky la poupée de sang" (1990), avec le Stand Devil du volume 15.
- au film "Speed" (1994, avec Keanu Reeves) avec le volume 41 et son Stand Highway Star.
- au thriller "Christine" (1983) de John Carpenter, avec le Stand Wheel of fortune du volume 16.
- au film "Le Parrain" (1972) avec la 5ème partie.
- au film d'horreur "Les griffes de la nuit" (1984) de Wes Craven, avec le Stand Death 13 du volume 18. Ce film avait été parodié dans les Simpson, dans un Horror Show.

- enfin, et conformément à une information donnée* par l'auteur lui-même, le héros de cette 3ème partie est calqué sur le type de personnage joué par Clint Eastwood. Son jeu d'acteur dans le film "Le bon, la brute et le truand" (1966) semble avoir grandement inspiré l'auteur, puisqu'on retrouve ce genre de personnage qui même dans des situations désespérées, parvient à garder son sang froid. On peut citer deux scènes mémorables de ce film culte, comme après la traversée du désert, où il réussit à sauver sa peau, et dans la cabane de Sentenza, d'où il sort indemne, en la jouant finement.

* selon la traduction d'Aldo du site comipress.com : "Jotaro Kujo (a character from JoJo) feels like Clint Eastwood: he doesn't run, his movements are minimal and he's a silent person".

Côté influences, on peut citer, en vrac :

- Hunter x Hunter : ce titre transpire la JoJo touch. Du système du Nen, au travail sur les combats qui ne se résument pas, comme dans à peu près tous les autres manga de cette catégorie, à une succession de mises au tapis, puis de retours au combat, jusqu'à ce que l'auteur décide de faire gagner son héros parce qu'il a décidé qu'il en était temps. Non, Hunter x Hunter et son modèle, JBA, sont probablement les 2 seuls titres parmi les plus populaires à faire mentir cette règle ultra connue. Le pouvoir de l'amitié ou de la justice, ou les bons sentiments, ça n'existe pas dans JBA. Ni dans HxH, dans une moindre mesure. On relativisera quand même un minimum pour JBA, de par le découpage de l'histoire qui autorise des choses qu'un manga classique ne peut se permettre évidemment.

- le personnage de Guile du jeu vidéo Street Fighter arbore la même coupe de cheveux que le Colonel Stroheim, dans le volume 7 (une forme d'hommage ?). Cette coupe de cheveux ne court pas vraiment les rues. On peut encore citer Rose et Lisa Lisa dans JBA.

- Bleach : le bankai du capitaine Komamura fonctionne sur le même principe que les Stand dans JBA (3ème partie).

- Yu-Gi-Oh! : l'invocation des Ka dans la dernière saison du manga ou de la série rappelle, elle aussi, ce même système. De même que l'esprit des duels dans les tous premiers volumes.


IV] Le résumé complet des 5 premiers tomes de JoJo (Phantom Blood).
Spoiler :

Dans la mesure où le début du manga, sans être inintéressant, présente comme on a déjà vu un style graphique qui ne plaira pas à tous, voici son résumé, de façon à ce que les réfractaires aient au moins un aperçu du scénario. Il est présenté tome par tome, pour pouvoir être arrêté convenablement.

- Tome 1 : Le manga débute quelque part entre le 12ème et le 16ème siècle, au sommet d'une pyramide Aztèque. Un étrange guerrier, arborant un masque de pierre, procède au sacrifice d'une jeune femme. Le sang qui en jaillit éclabousse le masque, et celui-ci laisse apparaître des pointes en os tout autour, qui s'enfoncent dans la tête du personnage en question. Ce dernier affirme avoir ainsi obtenu la vie éternelle. La foule autour entre alors en extase. Un homme parmi celle-ci, accepte volontiers de se prêter au jeu, et finit par se voir déposséder de sa vie, en laissant les doigts de l'homme au masque de pierre lui transpercer le cou. Avec l'aide de ce pouvoir, cette tribu avait dès lors des visées hégémoniques sur le reste du monde, mais elle finit par disparaître, laissant derrière elle ce mystérieux masque...

L'histoire reprend en 1880, en Angleterre. Le père du jeune Dio (sa mère est morte), homme misérable et alcoolique, est sur son lit de mort. Il demande à son fils de se rendre chez un homme (Lord Joestar) qui lui est redevable de sa vie et celle de son propre fils (Jonathan Joestar) pour les avoir secouru après un accident, quand bien même ce n'était pas sa première intention. Lors de cet accident de la route survenu il y a déjà une dizaine d'années, nous pouvions apercevoir un masque de pierre dans un des bagages du Lord. Son père mort et enterré, Dio se rend donc au domicile des Joestar, où le Lord est ravi de trouver en lui un jeune homme bien éduqué, contrastant avec son fils. Dio semble méditer depuis quelque temps son objectif : mettre sur la touche Jonathan pour ainsi devenir le seul héritier de la fortune des Joestar. Pour cela, il le ridiculisera auprès des gens et s'en prendra même à sa petite amie (Erina). En réaction, Jonathan lui fera connaître sa première humiliation. Lors de cette violente dispute, du sang de Dio jaillira sur le masque de pierre (acheté à un marchand d'art par le père) accroché à un mur de leur demeure, et des pointes en os commenceront à sortir. La querelle sera interrompue par Lord Joestar. En guise de représailles, Dio finira par faire incinérer le chien de Jonathan, en s'assurant d'un alibi.

Sept années plus tard, en 1888, les 2 frères (Dio a été adopté) semblent s'entendre à merveille, du moins est-ce l'impression qui ressort lors d'une épreuve sportive qu'ils remportent, grâce à leur jeu d'équipe. Mais intérieurement, personne n'est dupe. C'est alors que Lord Joestar tombe gravement malade. Au cours de ces 7 années, Jonathan avait étudié le comportement du masque de pierre, et était au courant des pointes en os actionnées par le sang. Par hasard, il tomba sur la lettre que le père de Dio avait envoyé au sien, il y a des années. Il y voit décrit les mêmes symptômes qui rongent actuellement son propre père. Assailli par le doute, il demande à Dio de jurer sur l'honneur de son (vrai) père n'avoir rien à voir dans le malaise survenu récemment. Dio, qui était justement en train d'apporter son remède au Lord, en avait profité pour y mettre à la place le poison à action lente, dont il se fournissait auprès d'un asiatique. Le même poison qui avait eu raison de son propre père. Face à l'absence de réaction, Jonathan finit par s'emparer de cette dose en question, dans l'espoir de la faire analyser et ainsi dissiper ses doutes. L'analyse se révélant impossible, il se résolut à trouver lui même l'antidote auprès du revendeur, en se renseignant dans un certain quartier mal fréquenté de Londres, où Dio vivait dans sa jeunesse. Pendant ce temps, au manoir des Joestar, Dio subtilise le masque de pierre et les notes de recherches de Jonathan, et se met en tête de l'actionner sur son rival, les pointes en os devant le tuer sur le coup. Surtout, ce mécanisme n'étant connu que d'eux seuls, il ne se verrait pas soupçonné. Jonathan finit par être confronté à des voyous, mais réussit à leur tenir tête, et tombe sur un asiatique censé connaître la boutique d'où provient le poison.

- Tome 2 : Dio se rend donc lui aussi à Londres, afin d'en finir avec Jonathan. En cours de route, il décide d'essayer le masque pour s'assurer de la faisabilité de son stratagème. Il s'en prend donc à deux passants, et fait revêtir le masque à l'un d'eux, en l'éclaboussant du sang de son compagnon. Loin de le tuer, le masque actionne bien ses pointes en os dans le cerveau du porteur, puis s'en détache, en lui procurant ainsi une force surhumaine. Des crocs apparaissent. Il retrouve en outre sa jeunesse après avoir planté ses doigts dans le cou de Dio comme pour lui aspirer son sang, tel un vampire. Alors qu'il s'apprêtait à l'éliminer, il est terrassé par les rayons du soleil, qui le réduisent en cendre. Au manoir des Joestar, Jonathan attend le retour de Dio, en compagnie d'un homme (Speedwagon) qui avait choisi de l'aider dans sa tâche, impressionné par sa détermination, et de l'asiatique qui avait vendu le fameux poison.

A son retour, Dio est vite démasqué par Jonathan, ainsi que par Lord Joestar et des membres de la police qui écoutaient leur conversation. Acculé et n'ayant plus rien à perdre, il décide alors de revêtir le masque et de l'actionner à l'aide du sang de Jonathan. Lord Joestar s'interpose et se retrouve poignardé. En conséquence, ordre est donné aux policiers d'abattre Dio. Le corps criblé de balles, il finit par se relever comme prévu, indemne et à l'état de vampire lui aussi. Il en termine rapidement avec les policiers, en suçant leur énergie vitale et soignant par la même occasion ses propres blessures. Le cadavre desséché d'un policier revient à la vie, cherchant à se nourrir de sang, pour se voir anéanti par Jonathan. S'ensuit un duel entre lui et Dio, qui se conclura par la mort de ce dernier, embroché dans un pilier. Un incendie ayant éclaté, le manoir des Joestar est réduit en cendres, et Jonathan est conduit à l'hôpital. Sa petite amie, Erina, veille sur lui, alors que Speedwagon s'inquiétait pour son rétablissement, tant physique que mental (perte de son père). Au manoir, ou plutôt ce qu'il en reste, l'asiatique aperçoit le masque au niveau du sol et s'avance pour s'en emparer, dans l'espoir de le revendre à bon prix. C'est alors que la main de Dio surgit et le pénètre tout en suçant son énergie vitale. Comme toujours, Dio jure de se venger de l'affront qu'il a subi.

- Tome 3 : Nous sommes à Londres, et Jack l'éventreur fait la une des journaux. Un soir, un asiatique avec un homme en fauteuil roulant se présentent à lui. C'est Dio, et il met du temps à guérir de ses brûlures. Anticipant déjà son prochain duel face à Jonathan, il entreprend de commencer à monter sa propre armée. L'asiatique est à ses ordres, et Jack l'éventreur finit par les rejoindre, face à la promesse d'une vie éternelle. A l'ancien manoir des Joestar, Jonathan n'arrive pas à retrouver le masque de pierre parmi les décombres. En compagnie d'Erina, il continue son chemin, et rencontre non loin de là un personnage bien mystérieux. Ce dernier le félicite d'avoir survécu à la tragédie, mais l'informe qu'il en est de même pour son rival. Puis il le frappe sans prévenir à un endroit précis. Contre toute attente, Jonathan se sent guéri de ses blessures.

L'homme, qui se présente comme étant le Baron Zeppeli, lui apprend qu'il a seulement stimulé sa respiration, et que c'est celle-ci qui a dissipé les sensations de douleurs. Son but est le masque de pierre, qu'il recherche depuis des décennies. C'est dans cette optique qu'il partit suivre un entraînement spécifique lui permettant d'assimiler la technique de l'énergie ondulatoire (intimement liée aux flux respiratoires et sanguins), seule à même de contrer les porteurs de masque ou les vampires. Une semaine s'écoule, au cours de laquelle Jonathan se voit initié à cette technique de l'onde. Zeppeli en profite pour lui raconter son passé. Au cours d'une expédition archéologique avec son père, ils finirent par mettre la main sur un masque de pierre, au Mexique. Au retour, l'équipage fut décimé par quelqu'un qui l'avait malencontreusement activé. Seul survivant et cherchant à s'enfuir en abandonnant le bateau, Zeppeli fut néanmoins rattrapé par le porteur, son père. Ce dernier mourut des rayons du soleil naissant. Zeppeli s'était donc donné comme mission de récupérer le masque, afin d'éviter d'autres tragédies du même type. Il apprit alors que celui-ci avait été aperçu au manoir des Joestar. Zeppeli révèle à Jonathan que la technique de l'énergie ondulatoire produit, à un moindre niveau, les mêmes effets sur les vampires que les rayons du soleil. Pour cette raison, Jonathan se doit de la maîtriser. En outre, cette technique permet de ralentir le vieillissement de l'utilisateur, et l'onde peut être transmise via divers objets, armes ou éléments naturels.

Dans un village reculé de 500 âmes où il a élu refuge, Dio s'est remis de ses blessures, à force d'absorber l'énergie de ses victimes. Il planifie déjà sa conquête du monde. Jonathan, Speedwagon et Zeppeli vont à sa rencontre, et tombent sur Jack l'éventreur (en mode vampire). Zeppeli montre la voie à Jonathan, son disciple, et lui apprend que ce n'est qu'en détruisant leur cerveau que l'on vient à bout des vampires. Il charge Jonathan d'éliminer leur ennemi, mais d'une certaine manière, afin de tester sa valeur. Il en vient à bout, et tous continuent leur chemin. La nuit tombée, Dio se montre à eux. Après avoir contré les techniques de Zeppeli, il laisse très vite place à ses plus fortes recrues, 2 guerriers jadis décapités pour avoir été fidèles à leur reine, 3 siècles plus tôt.

- Tome 4 : La première confrontation se termine par la victoire de Jonathan. Son ennemi, retrouvant son humanité dans ses derniers instants au contact de l'onde, lui confiera son épée. Le deuxième rival apparaît comme moins raffiné. En tentant de lui échapper, Speedwagon en vient à questionner Zeppeli au sujet de l'origine de sa force. Celui-ci accepte de tout lui révéler. A la recherche d'un moyen de contrer le pouvoir du masque après l'épisode du bateau, il arriva quelque part en Inde. Là, il vit un curieux médecin capable de prodiguer des soins uniquement à l'aide de ses mains. Désireux d'en savoir plus, il finit par connaître le nom de celui qui transmettait ces techniques, le maître Tonpetty. Zeppeli demanda à suivre son enseignement, malgré la prédiction selon laquelle, ce faisant, il connaîtrait une mort atroce.

Séparé de ses compagnons, Jonathan était en situation délicate face à son deuxième adversaire. Enfin réunis, Zeppeli se rend compte que les actions entreprises pour ce faire font échos aux éléments de la prophétie de son maître. Sachant sa mort arrivée, il ne réagit pas lorsque son corps est découpé en deux par une chaîne. Dans ses derniers instants, il fait don de son énergie vitale à Jonathan, qui se libère de ses entraves et détruit son ennemi. C'est la fin de Zeppeli.

Poursuivant leur chemin, Jonathan et Speedwagon tombent très vite sur 3 hommes : Dire, Straits et leur maître, Tonpetty. Ils avaient été informés par Zeppeli de la localisation du masque, et donc appelés en renfort. Dio, lui, continue de réduire les habitants en vampires, et s'arrange pour que certains barrent la route de Jonathan. Quand les deux ennemis jurés se font face à nouveau...

- Tome 5 : Dio fait donc face à Speedwagon, Jonathan, maître Tonpetty et ses 2 disciples que sont Straits et Dire. Ce dernier décide de l'attaquer, mais finit par très vite y laisser la vie, non sans avoir indiqué à Jonathan un possible point faible. Straits, lui, se charge des quelques morts-vivants des lieux. Jonathan se sert de l'épée qu'on lui a confiée pour infliger de terribles blessures à Dio. Mais celui-ci espère faire d'une pierre deux coups : faire de Jonathan son serviteur en lui suçant le sang, tout en se soignant par la même occasion. L'affrontement, bref mais technique, finit à l'avantage de Jonathan, qui réussit à briser la défense de Dio en lui assénant une onde. Dans une tentative de contre attaque désespérée, Dio riposte avec un rayon lumineux tiré des yeux, qui transperce la main de son adversaire, sans parvenir à le tuer, faute d'atteindre des points vitaux. Dio termine sa course expulsé de la maison où se déroulait l'affrontement, et voit son corps se réduire en cendres. Dans un dernier réflexe, il se tranche la tête, de façon à ce que l'onde reçue n'atteigne pas son cerveau. Jonathan est exténué par le combat. Bien entendu, tous concluent à la mort de leur ennemi. Mais sa tête est récupérée par l'asiatique, qui songe déjà à un nouveau corps pour son maître.

Quelques jours plus tard, les journaux relatent les événements du village, sans donner d'explications concrètes. Une seule chose est sûre : quelqu'un rapporte avoir vu un individu (Speedwagon) briser un masque à l'aide d'un marteau. Moins de 2 mois plus tard, Jonathan et Erina se marient et partent en lune de miel, en Amérique. On charge dans leur bateau un bien imposant coffre d'acier, de la forme d'un cercueil. A bord, Jonathan discute avec son épouse, quand il aperçoit l'asiatique. Ce dernier l'emmène jusqu'au cercueil, où il en ressort la tête de son maître. Dio, qui respecte Jonathan à présent en reconnaissant sa bravoure et son mérite, décide de faire sien son corps. Comme la dernière fois, il projette une sorte de fluide de ses yeux, en direction du front de Jonathan, que celui-ci tente d'éviter. Touché en plein cou, il peut à peine respirer. Pire, la technique de l'onde étant basée sur la maitrise de la respiration, le voilà désemparé. Autour, des morts-vivants (crées par l'asiatique) s'en prennent à une passagère, qui décède avec son bébé auprès d'elle. La dernière onde de Jonathan fera en sorte de manipuler le corps de l'asiatique afin d'aboutir à l'explosion du bateau, pour en finir une bonne fois pour toutes avec Dio. Dans ses derniers instants, il demande à sa femme de prendre soin du bébé tombé non loin d'eux. Dio tente une dernière fois de s'emparer du corps de son rival, mais celui-ci résiste et décède peu de temps après. Le bateau finit par exploser. A la dérive, Erina est secourue deux jours plus tard, avec le bébé qu'elle a recueilli et celui qu'elle porte en elle. Fin de la première partie.

L'histoire reprend 49 ans après ces événements. Straits a succédé à son maître. Speedwagon a fait fortune dans le pétrole. Sa richesse lui permet de financer diverses activités, dont celles de recherches archéologiques. Il invite Straits à le rejoindre au Mexique, après que ses hommes eurent découvert un étrange personnage sculpté dans un pilier, avec tout autour de lui des masques de pierre. Il se trouve être, de manière imperceptible, vivant. Straits s'interroge alors sur le petit fils de Jonathan, Joseph Joestar. Speedwagon lui apprend que le maniement de l'énergie ondulatoire semble chez lui inné, qu'il s'en sert sans même s'en apercevoir. A la suite de quoi Straits décide subitement d'éliminer les hommes autour de lui, en portant un coup à Speedwagon. Il lui confie la fascination qu'il avait éprouvé devant la vigueur, la force et la jeunesse de Dio, lui qui dit ressentir maintenant le poids des années. A New-York, Joseph Joestar est au restaurant avec sa grand-mère (Erina), quand une connaissance de Speedwagon leur apprend la mort de celui-ci.


V] Aucune critique à formuler ?!
Léger spoiler :

JBA n'est naturellement pas exempt de reproches. Le plus simple est de les présenter selon les parties :

1) Première partie (tomes 1 à 5) : son contenu n'est, au regard du reste, pas des plus intéressants. Pas d'humour, quelques passages plutôt clichés et convenus. Le ton est toujours sérieux voire grave. Le contexte (ambiance de films d'horreurs ou de vampires) veut ça, mais bon. Ce n'est clairement pas la partie, malgré sa faible longueur, que l'on relira plusieurs fois.

2) Deuxième partie (tomes 5 à 12) : avec la première partie, ce seront les 2 seules où une histoire (dans le sens classique) sera racontée. C'est-à-dire qu'hormis les 2 premières parties, les autres peuvent être résumées en quelques lignes, leur intérêt étant situé à 90% au niveau des affrontements. Avec une ambiance de films d'aventures à la Indiana Jones, on trouve enfin quelques bons moments, avec ce qu'il faut d'humour et de burlesque. Le personnage principal tranche avec la rigidité du précédent. Le tout parait bien équilibré et se suit normalement sans problème.

3) Troisième partie (tomes 13 à 28) : l'auteur annonce la couleur d'entrée de jeu. Il fait part de son désir de créer quelque chose de nouveau. Pour lui, les manga d'alors se contentaient (pour leur héros ou méchants) de dépeindre des pouvoirs surnaturels, spirituels, etc. Pour JBA, l'auteur veut donner vie à ces pouvoirs, leur donner une place et un rôle à part entière. S'ensuit la création d'une liste de règles, régissant tout ce beau monde. Les Stand sont nés. En français, ce n'est jamais que la personnification du pouvoir d'un protagoniste. Un peu comme quand les cartes sont matérialisées dans Yu-Gi-Oh!, sauf qu'il n'y en aurait qu'une seule par personnage, avec des règles bien établies. Cette partie se résume à une succession d'obstacles (d'ennemis possédant chacun un Stand) pour notre groupe de héros, devant se rendre du Japon jusqu'en Egypte. Il n'y a donc quasiment pas d'histoire, tout comme il n'y a pas d'histoire par exemple dans l'arc du Sanctuaire dans Saint Seiya, où nous n'assistons qu'à des combats le long des 12 temples du zodiaque.

Dans les faits, c'est à partir du tome 13 que le titre du manga (les "aventures bizarres" de JoJo) prend tout sens, car vous ne trouverez rien de plus bizarre dans un autre manga qu'un Stand et ses effets, dans JBA. A partir de ce stade, le découpage de l'aventure est beaucoup plus facile : c'est une succession de Stand (comme déjà dit). Certains seront l'occasion de mettre un peu d'humour, d'autres de jouer avec le suspense ou la tension. On voit du pays (Inde, Pakistan, Egypte). Et on se familiarise avec le concept des Stand, le temps d'affronter 24 ennemis, dont les 9 derniers représentent des divinités égyptiennes (Anubis, Osiris, Horus, etc.). Autant le dire de suite, si ces affrontements ne vous intéressent pas, laissez tomber ce manga, car il n'y aura que ça jusqu'à la centaine de volumes et plus. A titre personnel, la lecture a été très déroutante au début, car cela revêt un côté des plus répétitifs. A peu près tous les manga ont un schéma linéaire, mais la plupart des auteurs s'efforcent d'en gommer les contours, pour mieux faire passer la chose. Ici, ce n'est pas le cas, si bien qu'à la longue, cela pourra en lasser certains, qui voudront arriver plus vite au dénouement. En parlant de dénouement, alors que tout le reste était des plus original, on dirait que l'auteur n'avait plus d'inspiration et s'était autorisé à utiliser quelques grosses ficelles. Bref, pas du tout convaincu par le final de cette partie. J'ai de loin préféré les épisodes avec les frères Oingo et Boingo et les frères D'Arby. En conclusion, même si elle reste la partie préférée des fans, elle aurait gagné à durer moins de tomes. On notera que seules les 3 premières parties forment un bloc uni. Les autres contiennent certes des références à celles-ci, mais elles affichent un côté artificiel ou font parfois très clairement dans le fan service, c'est-à-dire que l'auteur va ressortir un personnage (ou un élément mystérieux) déjà utilisé sans intention autre que de réhausser à peu de frais l'intrigue et l'intérêt des fans.

4) Quatrième partie (tome 29 à 46) : personnellement, cette partie est une excellente surprise, grâce à beaucoup d'humour et à une bonne ambiance en général. Il est toujours question d'affrontements entre détenteurs de Stand, mais à la différence de la partie précédente, on n'a pas une idée de la fin dès le début ! Les rebondissements sont réels et font leur effet, grâce à un antagoniste travaillé comme il faut. Un must !

5) Cinquième partie (tomes 47 à 63) : cette partie contraste énormément avec celles qui précèdent, au niveau des dessins. Si vous n'avez rien contre les personnages masculins au look ambigü (androgyne), alors ça ira. En clair, l'auteur passe la vitesse supérieure au niveau de l'excentricité (je parle de "s'amuser" à dessiner une majorité d'androgynes, pas le fait de l'être). Pour résumer l'histoire rapidement, le personnage principal désire prendre la place d'un chef mafieux, en Italie. Il faut juste imaginer tous les protagonistes de cette partie avec une allure et des goûts vestimentaires, disons... très spéciaux. Bref, cette partie ne plaira pas à tout le monde. Concernant les ramifications avec les autres, elle fait dans le fan service le plus total. Côté (absence d') originalité, le héros dispose d'un pouvoir similaire à celui de la 4ème partie (dans son résultat final), et le boss de fin a des capacités rappellant celles des deux précédents. Autre chose notable : les Stand et certains dessins deviennent par moment incompréhensibles car illisibles. Il n'est pas rare de ne pas comprendre certains passages. En conclusion, le dessin accrochera l'oeil, surtout pour ceux qui seront lassés par ces Stand toujours plus tirés par les cheveux. Le début de la fin ? Tous les goûts sont dans la nature, et il serait idiot de "souhaiter qu'un manga s'arrête pour son bien", alors que d'autres lecteurs y trouvent eux leur compte. Mais en s'autorisant cette formulation rien qu'une fois, alors oui, à titre personnel, JBA aurait mieux fait de s'arrêter à la fin de la 4ème partie, car le reste n'apporte pas grand-chose de neuf au regard du nombre de volumes produits. Ce qui était vraiment original au début (les Stand) peut devenir ennuyeux à la longue, le graphisme n'aidant pas non plus, bien au contraire (l'auteur aurait franchement mieux fait de continuer à s'inspirer du coup de crayon de Tetsuo Hara).

Surtout, avec une absence totale d'humour et des Stand qui se prennent toujours plus au sérieux, j'ai juste voulu connaître le dénouement, qui reprend d'ailleurs la scène finale du film Le Parrain 1 (pas un gros spoil). Pour les plus pressés, l'historique de la flèche est donné vers la fin du volume 62. C'était la seule page intéressante à mes yeux, qui résume le tout. Malheureusement, ce design, qui fait partie des pires que j'ai vus, sera conservé pour les saisons suivantes. Je peux même carrément dire que c'est le pire selon moi, puisque même les dessins de Kaiji ou Akagi ne m'ont pas rebuté à ce point...

6) Sixième partie (tomes 64 à 80) : encore un design à vomir donc, mais ce n'est que mon avis. Les femmes dans le manga JoJo se comptent sur une main. Lisa Lisa avait un certain style, pas choquant du tout, mais alors là pour Jolyne, c'est simple, elle ressemble à son père en plus moche ! Il y aurait 36 exemples, mais pour en donner un parlant, feuilletez vers le milieu du chapitre 120 (dernier du tome 14 de cette partie, ou 77 du total), et vous verrez qu'elle ressemble à un mec, en mal dessiné. Concernant le scénario, il est tiré par les cheveux comme jamais en 100 tomes. Seule note positive, les toutes dernières pages, que j'ai bien appréciées. A noter que l'auteur a dessiné un de ses personnages en tant que femme, pour finalement décider d'en faire un homme (Anasui). Mais bon, les femmes ressemblant à des hommes dans JoJo, il ne faut pas chercher à comprendre en fait. Bref, un design à ch*** associé à des Stand pénibles à suivre, pour un final WTF puissance 1000, et vous comprenez pourquoi cette partie m'a laissé de marbre...

7) Septième partie (tomes 81 à 104) : je précise que je ne l'ai toujours pas terminée, mais j'en ai lu suffisamment pour commencer à donner mon avis. Je l'ai lu à peu près un an après avoir fini Stone Ocean. J'avais en effet laissé de côté ce manga devant la lassitude face aux défauts précédemment cités. Autant donner les deux seuls points positifs, pour ensuite passer aux négatifs. Steel Ball Run est la première partie à s'affranchir du contexte original. Autrement dit, on peut débuter la saga JoJo par cette saison. Je trouve que sur ce point-là, l'auteur l'a plutôt joué finement. Ensuite, le scénario est cette fois-ci beaucoup plus accessible. Il y a un semblant d'histoire, et les enjeux sont compréhensibles. La quête des morceaux du cadavre m'a fait penser au jeu Dr Franken sur Gameboy. En somme, j'ai vraiment envie de connaître le dénouement, mais sans bêtement sauter sur le dernier tome. Un bon point, donc.

Malheureusement, tout ça est entaché par un design à gerber et des styles vestimentaires qui me sortent par les oreilles : Johnny et son pyjama étoilé, M. Steel et son chapeau débile façon Caliméro, des oreilles dégueulasses, des yeux tout moches et, les plus insupportables à mon sens, des nez ratés et des lèvres façon marionnette de Stallone dans les guignols de l'info. De souvenir, Jolyne, une femme dans Stone Ocean, avait aussi ce genre de lèvres (une horreur). Ce qui est regrettable, c'est qu'aux alentours des tomes 9 et 10 de SBR, l'auteur montre qu'il sait dessiner de bien meilleure manière en changeant son design des lèvres et des nez, donc pourquoi ces traits au rabais précédemment ? Vu certains dessins, dont celui de Jolyne cité en exemple plus haut, je pense qu'il se moque complètement de son graphisme, pour tout donner sur le fonctionnement des Stand. Enfin bref, les couvertures sont peut-être soignées, mais pour le reste, non, tant l'impression que les dessins sont faits à l'arrache prédomine. Et que dire de la couverture du tome 4, et de ces croquis du chapitre 19 (Johnny et le cowboy). Heureusement pour ma pomme, je préfère de loin un bon scénario ou une ambiance bien retranscrite (Kaiji, HxH comme exemples) et des dessins pas terribles, que l'inverse (Bleach).

Autre défaut, pas nouveau mais redondant : le fait que les blessures causées par un Stand ennemi sont de l'histoire ancienne dès qu'il est neutralisé. Dans les parties 3 et 4, ce défaut n'était pas méchant car il y avait l'effet nouveauté, on n'y faisait pas vraiment attention. Mais dès la partie 5, cela est devenu lourd personnellement. Un membre du groupe de héros peut bien perdre 1 litre de sang, ou avoir le bras éclaté par un pouvoir de Stand, le chapitre d'après le revoilà frais et dispo. Pire, Steel Ball Run débute par Johnny, un jeune homme paralysé, avec une branche dans la jambe. On ne sait trop comment, quelques heures plus tard, le voici présent au départ d'une course à cheval éprouvante, comme si de rien n'était.

Il n'y aura pas de critiques de la partie 8. J'ai feuilleté le premier tome, et cette fois-ci, c'est vraiment au-dessus de mes forces. D'un autre côté, je suis plutôt "soulagé" que ce tome m'ait totalement déplu, car j'ai tendance à donner une chance dès que ça m'intéresse un minimum.