Vue d'ensemble - Filler Guide


> Les chevaliers du zodiaque

Titre original : Saint Seiya
Genre : action / myth. grecque
Anime : 1986~1989, 114 ép (9 < ép 74, 5 ensuite)
Manga : 1986~1990, 28 vol (6)
Auteur : Masami Kurumada


I] J'ai vu la vidéo du Joueur du Grenier l'autre jour, et j'ai envie de dire "quoi d'neuf, Seiyar ?". J'ai vu qu'il y avait plusieurs séries, alors comment s'y retrouver ?
Pas de spoiler :

Avant toute chose, le héros s'appelle Seiya et non Seiyar, comme on peut l'entendre dans le doublage français.

Pour le reste, il est vrai que c'était beaucoup plus simple dans les années 90, quand on n'avait qu'un seul manga et qu'une seule série à se mettre sous la dent. Sans trop rentrer dans les détails, on distingue donc :

- Saint Seiya le manga original de 28 volumes (1986), par Masami Kurumada. Il a été adapté en une première série (les fameux "chevaliers du zodiaque") de 114 épisodes, série indissociable de la période du Club Dorothée, à la manière de Dragon Ball et de quelques autres. Les 114 épisodes adaptent le manga jusqu'à la fin du volume 18. Les 10 derniers l'ont été quelques 13 années plus tard sous la forme d'une série de 31 OAV, et dont la réalisation contraste de fait radicalement avec celle de la première série.

- on dénombre également 20 volumes d'un manga dérivé intitulé Saint Seiya épisode G (2002) et centré sur les chevaliers d'or. Il n'est pas de Masami Kurumada.

- on trouve aussi une nouvelle version par ce dernier cette fois et intitulée Saint Seiya Next Dimension (2009), sorte de suite au dernier volume du tout premier manga. Next Dimension qui se démarque nettement avec un début très paresseux quant au soin apporté aux dessins et à la mise en scène (l'auteur s'est clairement reposé sur ses lauriers).

- un autre manga dérivé a lui aussi vu le jour en 2006, dessiné et scénarisé par Shiori Teshirogi et appelé Saint Seiya : The Lost Canvas. Cette version de 25 volumes constitue une sorte de préquelle à la série et a connu une adaptation en 26 épisodes qui couvre à peine la moitié du manga.

- depuis 2012 est sortie au Japon une série basée sur l'univers de Saint Seiya et intitulée Saint Seiya Omega, à destination toutefois d'un public beaucoup plus jeune (il n'y a qu'à voir l'allure des personnages et le design des armures). Comprenant 97 épisodes, elle est diffusée en France depuis 2013.

- en 2015 est sortie Soul of Gold, une série en 13 épisodes centrée sur les chevaliers d'or, et ayant un lien avec l'arc filler Asgard.

Alors en résumé et si voir listées autant de séries vous décourage un peu d'en commencer la moindre, essayez simplement la toute première de 28 volumes ou 114 épisodes (les OAV sont plutôt à oublier). Passer à côté de celle-ci serait vous priver de quelques unes des meilleures OST qui aient été réalisées pour un dessin animé de ce type, sans parler de tous ses passages cultes. D'ailleurs, quoi que l'on pense au sujet du côté répétitif et shonen poussé à l'extrême (surréaliste au possible, puisque la règle veut que plus un héros approche de la mort, plus la probabilité qu'il batte son adversaire tend vers 1), Saint Seiya en dessin animé est probablement et de très loin la série avec le plus de passages mémorables, rapporté à sa durée. Le combat contre Shaka fait ainsi très certainement partie des 10 meilleurs tout anime (tiré d'un shonen de cette catégorie) confondu. Au niveau des musiques, les titres poignants sont indénombrables. Puisqu'on ne l'entend qu'une et une seule fois de toute la série, la piste "Can't say goodbye", relative à Shiryu, mérite d'être mentionnée ici.


II] La série de 114 épisodes est-elle fidèle au manga ?
(globalement oui et si possible, tout regarder)
Gros spoiler :

Globalement, oui elle est fidèle. Elle comporte toutefois un arc filler (Asgard) d'environ 30 épisodes, qu'il est conseillé de regarder car le studio a eu la "brillante" idée de le raccrocher à l'arc qu'il précède et à celui qu'il suit ! Au passage, dans la catégorie des HS, c'est sans doute le meilleur arc de ce type jamais crée. En le sautant complètement, vous vous retrouveriez avec quelques personnages fillers non introduits précédemment et donc vous sentiriez un peu perdu sur le moment. Quoi qu'il en soit, si vous avez apprécié l'anime jusque-là, cet arc ne devrait vous poser aucun problème. Certes, il réutilise toujours les mêmes ficelles, mais il se renouvelle suffisamment sur certains aspects, comme le travail sur les personnages, pour ne pas lasser d'entrée de jeu. Au niveau de l'animation de cet arc cependant, on remarquera quelques changements pas toujours très inspirés, comme ces héros qui apparaissent étrangement plats à l'écran, comme s'ils étaient revenus d'une cure d'amaigrissement forcée ou d'un séjour sur une île du jeu télévisé Koh Lanta...

Mis à part cela, la série compte une dizaine d'épisodes fillers (en plus de l'arc) et certains ajouts ou modifications. Par exemple, les chevaliers d'acier ne figurent pas dans le manga. Leur création a été l'occasion de commercialiser toujours plus de figurines (hors de prix). Le Seigneur Cristal, maître de Hyoga et disciple de Camus, est un personnage filler. Le chevalier du cygne noir ne s'arrache pas un morceau d'armure pour transmettre ses informations à Ikki, mais s'ôte un oeil à la place, dans le manga. Le frère du dragon noir n'apparait pas dans l'anime. Saga ne se met pas le sceptre d'Athéna sur le corps (suicide), mais se suicide directement d'un coup de poing en plein coeur. Seiya fait d'une pierre deux coups avec le bouclier d'Athéna : supprimer la flèche d'Or à la dernière seconde, et Saga étant devant le bouclier à cet instant, l'aura maléfique qui habitait son corps s'en échappe (volume 13).

Le design des armures des chevaliers de bronze est bien différent dans le manga au point de parfois nous donner pitié d'eux, tant la protection qu'elles assurent parait minime. Pour l'auteur, un chevalier de bronze doit être moins bien protégé qu'un chevalier d'argent ou d'or, tant qualitativement (c'est logique) que quantitativement. Une des plus grosses différences entre l'anime et le manga est le lien de parenté unissant les enfants de l'orphelinat au grand père Mitsumasa Kido. Dans l'anime, il n'y a pas de mention de ce type. On sait juste que Shun et Ikki sont frères. Dans le manga, il est raconté que Mitsumasa Kido est le père de tous les enfants qui furent confiés par lui aux différents orphelinats. Son but était d'éviter que ne se créent entre eux des liens affectifs à même de nuire à la tâche qui leur était destinée : devenir des chevaliers au service d'Athéna et combattre pour elle jusqu'à la mort. Mitsumasa Kido était conscient du ressentiment que son attitude (non révélée alors) susciterait chez ses enfants, mais accepta son sort tel un fardeau biblique. Tous les chevaliers de bronze sont du coup en réalité au minimum demi-frères, de même que ceux ayant échoué à le devenir ! (cf. volume 7, chapitre 27, traduction Kana : "Est-ce que vous m'avez confié Athéna parce que vous saviez que j'avais déjà cent enfants ?")

On peut rajouter que c'est dans les chapitres 19 et 20 du tome 5 qu'Ikki dévoile la vérité à Seiya, une fois vaincu par ce dernier, en l'appelant "mon frère". On peut imaginer le choc émotionnel. Le début du volume 5 présente quelques scènes inédites par rapport à l'anime. Alors que dans la série, le premier chevalier d'or (Aiolia) n'apparaît qu'une fois la plupart des chevaliers d'argent décimé, dans le manga, c'est Shaka en personne qui se montre à Ikki ! Ikki se met à jubiler après avoir revêtu l'armure du phénix, se croyant l'homme le plus fort au monde. C'est alors que le chevalier d'or de la Vierge, qui n'avait visiblement pas grand-chose à faire de sa journée (^^), lui apparait et le ridiculise en lui inspirant une peur à la hauteur de son rang. Shaka le quitte, en précisant qu'il (Ikki) oubliera tout de cet événement, mais que s'ils venaient à se rencontrer à nouveau, ce souvenir et la peur associée lui reviendraient automatiquement. Ce passage est rendu dans l'anime en créant 2 autres personnages fillers (une habitude dans la série), disciples de Shaka. Ceux-ci seront évidemment battus par Ikki, mais ce dernier sera à un moment complètement paralysé par l'intervention à distance de Shaka. Ce sentiment d'impuissance lui sera alors rappelé lors de leur combat dans le temple de la vierge. Ou comment retomber sur ses 2 pieds tant bien que mal...

Dans le volume 9, Cassios se suicide devant Aiolia en se rentrant les 2 poings dans l'estomac. Dans cette version, il suffisait "juste" qu'Aiolia voit quelqu'un mourir pour que le sort jeté par le Grand Pope disparaisse. Dans le dessin animé, Aiolia ne redevient lui-même qu'après avoir tué quelqu'un (Cassios en l'occurence). Dans le volume 6, c'est Ikki qui tue Jamian (les corbeaux) d'un coup, alors que dans la série, il meurt en tombant dans un précipice. Dans le volume 11, Shura n'a aucun de ses bras tranché par Shiryu. Dans l'épisode 8, on voit Ikki revêtir l'armure d'or du Sagittaire, avec un drôle de casque bien moche, dans une scène que j'ai toujours trouvée hautement ridicule. Et Seiya la lui fait retirer d'un coup de pied volant (avec pointure). Dans le manga, ce passage n'existe pas. L'armure a bien à peu près la même forme, mais on ne voit pas le casque. Au sujet de la véritable apparence de cette armure d'or quelques temps plus tard, il n'y a aucune explication rationnelle fournie. On peut par contre se demander comment la forme définitive aurait pu rentrer dans son urne, vu le volume qu'elle prend. Si globalement le studio a plutôt réalisé de bons fillers, on peut par contre regretter une invention bien malheureuse : celle du frère du Grand Pope, à la fin de l'arc du Sanctuaire. On voit ainsi son cadavre reposer au sommet d'une montagne.

Concernant la partie Asgard, celle-ci a crée des modifications plutôt importantes dès lors qu'il a été question d'adapter la partie Poséidon ! Dans l'anime, Saori se fait kidnapper par Poséidon quelques instants après en avoir terminé avec la menace (Hilda) de cette saison. Dans le manga, le volume 14 débute par Julian apprenant qu'il est la réincarnation de Poséidon. Une première tentative de kidnapping d'Athéna, par des sous-fifres, se solde par un échec cuisant, grâce à la vigilance du chevalier du Lion et de Seiya, qui finit par montrer des signes d'épuisement et s'écroule. Saori rend visite aux chevaliers de bronze, soignés dans un hôpital après leur éprouvante bataille du Sanctuaire. C'est là que Sorento se rend afin de la ramener à son maître, par la force. Aldébaran lui fait face et en vient même à se percer les tympans pour échapper à la technique de son adversaire. Il finit apparemment désintégré par cette technique, son armure restant seule, comme menaçante. Sorento se rend ensuite au palais de Poséidon, exhibant le casque du chevalier du Taureau (il n'est pas mort, Saori ayant interrompu le combat à temps). Il est accompagné d'Athéna, qui souhaitait voir Poséidon d'elle-même suite à ces événements. Du côté des chevaliers de bronze, ceux-ci se retrouvent aux chutes des Cinq Pics et y découvrent leur armure réparée grâce au sang des chevaliers d'or. La sirène Thétis y engage une discussion et retourne sous les mers. Seiya et ses compagnons plongent dans les chutes et suivent la trace qu'elle a laissée. Dans l'anime, Seiya se rend sous les mers (sous un froid polaire) grâce à Hilda, faisant donc un lien direct et malvenu entre une saison filler et l'adaptation de l'oeuvre originale. A partir de là, manga et anime sont donc enfin similaires. Enfin, c'était sans compter la modification du dernier épisode, le 114 : Seiya s'interpose entre Saori et Poséidon et se prend le trident qu'il lui avait envoyé, alors que dans le volume 18, c'est Kanon qui le fait (Ikki lui apprenant que c'était Athéna qui l'avait sauvé des années auparavant).

S'il est écrit qu'il faut tout regarder si possible, c'est encore une fois parce que le studio n'a pas produit des épisodes 100% fillers, mais les a souvent intégrés au scénario du manga. Par exemple, l'épisode 97 fait partie de l'arc filler Asgard, mais il y est fait référence dans des épisodes non fillers par la suite (Sorento). Donc pour un maximum de compréhension, il vaut mieux ne rien sauter. De toute façon, ce n'est pas comme s'il y avait 350 épisodes...

Les 31 OAV reprennent quant à elles fidèlement la fin du manga, en modifiant quand même quelques éléments mineurs. Mais ces modifications, très légères, ne sont là que pour que le téléspectateur ayant déjà lu le manga y trouve quelques nouveautés, car pour le reste...


III] Vaut-il mieux commencer par le manga ou la série ?
Pas de spoiler :

Sans la moindre hésitation : par le dessin animé ! Il se trouve que l'auteur de Saint Seiya voit son oeuvre largement sublimée par son adaptation animée, et ceci grâce au character designer et dessinateur Shingo Araki. Les armures sont par conséquent redessinées, repensées et même les héros gagnent en maturité, dans la mesure où ils n'ont que 13 ans dans le manga. A ce sujet et si le doute vous habite encore, feuilletez rapidement le volume 7 et regardez à tout hasard les scènes de l'hôpital où notre héros a tout de l'enfant douillé, avec un dessin peu avantageux. Il est clair que le design des personnages ou des armures font plus sérieux dans le dessin animé, et ceci a son importance étant donné que Saint Seiya n'est pas connu pour être une série à visée humoristique ou qui peut se permettre des moments de détente comme a su en distiller opportunément un Dragon Ball par exemple. Saint Seiya est un manga par moment très violent (certains épisodes montrent des litres et des litres de sang déversés, des membres sectionnés, arrachés, etc.), la série à l'époque ayant très probablement contribué à la mauvaise réputation et du Club Dorothée et des dessins animés en provenance du Japon. Il n'y a qu'à lire les décisions du CSA en la matière, avec le fameux message d'excuses lu à l'antenne par Dorothée.

Pour revenir au sujet, le manga présente donc bien trop souvent, du moins dans les premiers tomes, un héros sensé faire sourire ou rire le lecteur par ses mimiques (cf. volume 7 par exemple), alors que l'histoire en elle-même apparait en décalage avec ce souhait de l'auteur. Si vous voulez rire en regardant cette série, tournez-vous plutôt vers cette excellente parodie, mais gare aux spoilers.

En outre, le manga de Masami Kurumada pêche par son graphisme qui ne se montre pas spécialement des plus attrayants (constatez-le par vous-même avec les premiers volumes), avec également une large tendance à représenter ses personnages en vue de profil (plus rapide à dessiner), sans que cela ne paraisse réaliste. Tous ces éléments font dire que dans l'optique de débuter ce titre, il vaut mieux privilégier la série.

Si je semble faire une fixation sur un certain volume 7, c'est tout simplement parce qu'en tant que grand fan du dessin animé à l'époque, c'est le premier volume que j'ai acheté les yeux fermés lors de sa sortie. Et en le lisant plus tard, j'ai très vite déchanté. Au point de poursuivre la série uniquement à partir de la saga Hadès (le jour et la nuit au niveau de la qualité, scénario mis à part). Rajoutons à ça une couverture aussi travaillée que celle-ci (peu importe que les Japonais en aient ou non une autre), et la réputation de l'auteur était faite.

En résumé, retenez qu'il vaut mieux voir les 114 épisodes dans un premier temps. Si vous trouvez l'histoire non déplaisante, continuez avec les 10 derniers volumes du manga (le dessin de l'auteur ayant nettement évolué), puisque les 31 OAV connaissent des hauts et des bas au niveau de leur réalisation, avec quelques ratés notables. On a d'abord droit à une réalisation à grand renfort d'images de synthèse (quelle horreur), pour terminer par un style plus old school. A titre personnel, le manga, avec ses armures bien plus jolies, m'a suffi.

Saint Seiya fait partie des rares manga de cette catégorie à se voir à ce point éclipsé par son adaptation animée, l'inverse se produisant toutefois lors de celle des volumes 19 à 28, qu'il est donc recommandé de lire avant tout.


IV] Au sujet du doublage et de l'adaptation française.
Léger spoiler :

Dragon Ball et les chevaliers du zodiaque sont probablement deux des plus emblématiques séries du Club Dorothée. Et toutes deux ont bénéficié d'une adaptation pour le moins catastrophique. Les noms de divers personnages changent à de multiples reprises, les techniques de combat également, les contresens sont légion. Les voix des personnages varient : Shun a une voix de femme dans les premiers épisodes (tout simplement parce qu'il ressemble à une femme) pour ensuite être doublé par un homme. Même Edgar Givry, la voix bien connue de McGyver ou du colonel O'Neill dans Stargate, ira doubler le héros le temps de quelques épisodes !

D'une manière générale, on peut dire que cette série a été doublée par un petit nombre de comédiens doubleurs (5 ou 6 ?) se partageant sur le tas les différents rôles. Ceci étant dit, les conditions de travail ont beau avoir été chaotiques, on peut difficilement les tenir pour responsables. Par exemple, on ne peut que louer la prestation d'Eric Legrand sur des personnages comme Seiya ou Shaka. Celle de Marc François sur Hyoga et Shiryu est par ailleurs suffisamment travaillée pour pouvoir différencier ces 2 héros. Bref, ne blâmons pas nos comédiens doubleurs, et tournons-nous vers quelques unes des bourdes les plus mémorables commises lors de l'adaptation française :

- le personnage de Cassios se fait appeler Coros (ép. 01), Cassius puis Cassios.
- Seiya devient Seiyar.
- les armures de bronze sont très souvent appelées armures d'or au début de la série.
- l'attaque principale de Hyoga change souvent de nom, mais pas de panique, c'est toujours la même : poudre de diamant, poussière de diamant, pluie de diamant, la force du diamant, foudres d'Aurora...
- Mu devient Mo, Jamilé (ép. 43), Mu.
- l'attaque Lightning Plasma en vo devient en vf "par la barbe de feu" (ép. 51) et est décrite comme étant "une décharge électronique"...
- l'attaque Lightning Bolt devient en vf "par la corne du lion" (ép. 52) et "par la colère du lion" (ép. 41) pour la même scène. On a aussi droit à "par la boule de feu" (ép. 38).
- Aiolia devient Aiolas, Aior (ép. 41, 51), Aiora, Yaor (ép. 38), Yaori (ép. 53), Aiori (ép. 53), Yora (ép. 53) et Aiolia (ils auraient mieux fait de l'appeler Simba, enfin un truc simple à mémoriser, non ?!).

Gardez à l'esprit que ce n'est qu'un échantillon. Pour conclure, que vous soyez allergique à la vo ou à la vf, dans tous les cas l'activation des sous-titres parait nécessaire. En outre, cette série compte parmi les plus censurées en français, donc reportez-vous si possible vers une version intégrale.


V] Au sujet des films.
Pas de spoiler :

On dénombre 5 films dérivés de l'univers de Saint Seiya. Hormis le dernier, tous les autres adoptent le même schéma scénaristique, celui des 3 saisons de la série. Autrement dit, ils ne font pas vraiment dans l'originalité. Les voix françaises sont celles de la série, et il est toujours question de bourdes en tout genre (noms des personnages qui changent, des dialogues qui ne veulent rien dire, etc.). On a donc :

- "Eris : la légende de la pomme d'or" (1987)
- "la guerre des dieux" (1988) : ces 2 premiers films sont probablement les moins intéressants.
- "les guerriers d'Abel" (1988) : s'il n'y en avait qu'un seul à visionner, ce serait celui-ci, sans doute le plus connu.
- "Lucifer, le Dieu des Enfers" (1989) : toujours un scénario sans surprise, mais se démarque des 2 premiers.
- "Tenkai hen Joso : Overture" (2004) : un film qui se veut dans la continuité du manga mais qui parait bien inutile.

Je précise que je n'ai pas poussé le vice jusqu'à voir "la daube sortie au cinéma en France en 2015", les comptes-rendus m'ayant suffi.

Pour donner une conclusion, il est des séries, au demeurant très bonnes, qui perdent de leur stature à cause d'un nombre extravagant d'épisodes (fillers), de séries dérivées ou de films à l'utilité toute relative. C'est le cas par exemple de Bleach, mais surtout de Saint Seiya. Bien sûr, cela n'empêche pas des gens d'aimer tous ces dérivés ou tout ce qui sort en général du moment que ça concerne leur série favorite. Saint Seiya est un très bon concept, mais qui s'accomode plutôt mal de tout ce que l'on pourrait rajouter aux 114 épisodes de base (ou au manga), de par son côté répétitif. Il n'y a qu'à voir que les 5 films ont presque tous le même dénouement. On aurait pu à la place avoir quelques films sur des pans de l'histoire abordés rapidement dans la série, ou sur certains de ses personnages. C'est-à-dire offrir un peu de nouveauté aux téléspectateurs, plutôt que de leur servir à 5 reprises un condensé d'une saison type de la série. Comme a fait Dragon Ball Z dans les films "l'histoire de Trunks" ou "Baddack contre Freezer". Le dénouement était déjà connu, mais on évitait une redite de la série où le gentil explose le méchant avec l'aide de ses amis.


VI] A propos de l'âge des chevaliers (ou comment l'auteur a fumé la moquette).
Spoiler :

A la fin du volume 13 de la première édition du manga par Kana, nous apprenions l'âge des personnages vus jusque-là. Ainsi :

- Seiya et Shun ont 13 ans
- Shiryu et Hyoga ont 14 ans, comme Aioros à sa mort
- Ikki en a 15
- Camus, Milo, Aiolia, Shaka, Mu et Aldébaran en ont 20
- Aphrodite a 22 ans
- Shura et Masque de mort ont 23 ans
- et enfin le Grand Pope, avec ses 28 ans

On remarquera que ce sont les mêmes données qui sont mentionnées dans le jeu Saint Seiya sur Playstation 2, dont vous pouvez voir des extraits dans un vidéotest du Hooper sur YouTube ou sur son site internet. J'ai pu constater à l'occasion que je n'étais pas le seul à donner une vingtaine d'années au Ikki (même Shiryu) de la version dessin animé et, par la force des choses, au moins la trentaine aux chevaliers d'or.

Donc, si on se fie à ça, on s'aperçoit que 13 ans plus tôt, lors de la tentative d'assassinat d'Athéna par le Grand Pope :

- ce dernier n'avait que 15 ans (bah voyons !)
- Shura, âgé alors de 10 ans (23 - 13), élimine Aioros, de 4 ans son aîné
- que par conséquent, on peut être chevalier d'or à moins de 10 ans (bah voyons ! (bis))

Et que dire de Cassios et de ses 15 ans selon l'auteur. Nan, mais... vous avez vu sa tête au Cassios ?!

On ne s'attardera pas trop sur le vieux Mitsumasa Kido et sa centaine d'enfants engendré en l'espace de 2 ou 3 ans. On imagine, un rien consterné, ses pensées au réveil : "Qu'est-ce-que j'vais bien pouvoir faire ce mois-ci ? Oh, et pourquoi pas 2 ou 3 enfants à des inconnues que j'reverrais jamais (sauf la mère de Shun et d'Ikki) ?!". Enfin pour conclure, c'est avec des exemples comme celui-ci qu'on peut remercier le papa du dessin animé (Shingo Araki), et ses collègues, d'avoir passé sous silence ce genre d'élément scénaristique venu d'on ne sait quelle planète. D'ailleurs, le réalisateur avait lui-même confié au mangaka ne pas avoir très bien saisi le concept de son manga au début.


VII] Rapide comparaison de 2 films cultes avec la philosophie du shonen à la Saint Seiya.
Spoiler (Terminator 2, Matrix) :

Ayant pris pour habitude, tel un rituel, de regarder les mêmes films cultes une fois par an, est arrivé ce qui devait arrivé : de vilains défauts ont fini par ressortir. Même si, et je préfère le préciser de suite, ces films conserveront malgré tout une place particulière dans mon petit coeur de (modeste) cinéphile.

Mais quel est le rapport avec les manga ? Il est très simple. Le défaut dont je parle est celui-là même qui est le plus reproché dans les shonen "d'aventures" : le come-back improbable du héros alors qu'on le croyait complètement carbonisé et déjà en route pour l'au-delà (aussi appelé dépassement de soi, 7ème sens ou pouvoir de l'amitié). Je pense que pour les "anciens" (génération Club Do), il suffit de citer le légendaire cas des Chevaliers du Zodiaque, où malgré la perte de plusieurs litres de sang, ou des 5 sens, les jeunes héros parvenaient quand même à prendre le dessus. Pour les autres, les Bleach, One Piece, Naruto et compagnie sont suffisamment parlants. Alors, comme je ne vois pas vraiment l'utilité d'en écrire des tonnes sur ce sujet, contentons-nous d'aborder le cas de deux films cultes adeptes de cette même philosophie.

- Terminator 2 : à la fin du film, le T1000 met sa raclée au vieux modèle interprété par Arnold Schwarzenegger. Il va même jusqu'à l'embrocher, en insistant pour bien lui bousiller ses circuits. Alors qu'on le croit bon pour la casse, le talentueux James Cameron (même si on peut lui reprocher d'avoir encensé cette daube cosmique de Terminator Genisys et d'avoir ainsi honteusement participé à la tentative de tromperie des fans de la saga) nous sort l'utilisation... d'une batterie de secours ! Et voilà un Terminator dézingué de retour. Bien entendu, Skynet, l'IA qui a envoyé le T1000 dans notre présent, ignorait son existence, puisque la résistance s'était permis de reprogrammer le vieux modèle. Mais bon, tout ça pour dire que nous sommes bel et bien ici en face d'un come-back improbable, d'une ficelle ou pirouette scénaristique, et que personne n'en a fait un plat eu égard à la qualité du film. Pour la petite histoire, le making-of de Terminator 1 nous montre le compositeur (de la bande-son) nous confier l'anecdote suivante : lors d'une projection, il avait dit tout haut (malgré lui et avant d'obtenir le poste) quitter la salle si le Terminator se relevait une ènième fois, vers la fin du film (ce qui n'est pas arrivé).

- Matrix : là aussi, le passage le moins inspiré du film se situe lors de son dénouement. Neo se prend un chargeur dans le bide, s'écroule et... donne bien l'impression que les carottes sont cuites. Comment s'en est tiré le scénariste ? En le faisant ressusciter grâce à un baiser de sa copine ! Alors que le film brillait jusque-là par la cohérence de son univers, voilà qu'on nous sort un ingrédient venu tout droit d'une production Walt Disney. Au passage, les deux suites sont de véritables navets infâmes.

En conclusion, pris à part, le come-back improbable du héros n'est pas forcément quelque chose de criticable ou de nuisible à une oeuvre. Le problème survient quand l'auteur en abuse, ce qui rend les shonen de ce type quelque peu indigestes passé un certain nombre de tomes, car dès lors que le procédé est utilisé une fois, on peut être certain qu'il le sera à intervalles réguliers.

Au passage, si cette "ficelle scénaristique" porte un nom propre à l'univers cinématographique, je n'en suis naturellement pas au courant.