Vue d'ensemble - Filler Guide


> Sailor Moon

Genre : magical girl / romance
Anime : 1992~1997, 200 ép (3), 2014~2015, 26 ép
Manga : 1992~1997, 18 vol
Auteur : Naoko Takeuchi




I] L'anime Sailor Moon vaut-il toujours le coup de nos jours ? Qu'en est-il de sa fidélité au manga ?
Pas de spoiler :

Bien évidemment, cela dépend des goûts et profils de chacun. Mais il est des séries où il est plus facile de trancher que d'autres, et Sailor Moon en fait justement partie. Personne n'ira prétendre le contraire, si l'on dit qu'esthétiquement, cette série a très mal vieillie. Même à l'époque de sa diffusion au Club Dorothée, elle se démarquait nettement au niveau de sa qualité :
- un nombre considérable d'épisodes ont un scénario vu, revu, et rerevu
- les décors sont très pauvres, un peu vide
- les transformations permettent de grapiller des dizaines de secondes. C'est gratuit, on repasse juste la séquence !
- le scénario ne vole pas très haut, surtout si on considère les 200 épisodes à visionner pour en voir le bout.

Alors bien sûr, même avec ces défauts, Sailor Moon a cartonné en son temps et bénéficie toujours aujourd'hui d'une réputation plutôt indulgente. Le nombre élevé d'épisodes doit sans doute s'expliquer par le fait que ça ne devait pas coûter cher à produire. Malgré tous les défauts qu'on peut lui trouver, Sailor Moon peut néanmoins largement s'abriter derrière la formulation consacrée : "ok, c'est vieux et basique, mais qu'est-ce que c'est culte !". Oui, à moins d'être né au 21ème siècle, se poser devant un épisode de Sailor Moon vous replonge sans difficulté dans un trip nostalgique, qu'il soit ou non associé au Club Dorothée. Comme une de ces photos ou vieilleries dont vous remettez la main dessus une ou deux décennies plus tard, et qui vous évoquent au toucher (ou à la vue) tous ces souvenirs associés : "c'était l'époque où... ("Michael Jackson était noir"), "cette année j'avais fait...", "le jour où j'ai vu l'épisode XX, ça coïncidait avec la mort de mon chien Lulu...", etc. Bien que le dessin animé ne soit sorti que dans les années 90, son animation lui donne un cachet encore plus vieillot.

Sailor Moon a donc ces 2 atouts notables, sans doute parmi d'autres :
- son générique japonais (vu 2 millions de fois sur youtube), par exemple
- son fix de nostalgie dès la première dose (mais sans trop forcer)

Côté doublage français, le seul homme de l'anime (quasiment), dans un rôle de prince charmant, est doublé par... Philippe Ogouz ! Oui, le doubleur de Ken dans Ken le survivant. Dans le genre voix qui colle au personnage, on peut dire que ce choix a été une catastrophe sur toute la ligne. Sans parler de l'adaptation où il répond au doux nom de "Bourdu". N'ayant visiblement pas eu à ses côtés ses collègues déconneurs, il n'a pas été ici question de doublage décalé. Toutefois, ce monsieur a dû là aussi halluciner devant certaines scènes, au moment d'effectuer ses prestations. Mais ça, vous le découvrirez en visionnant les 200 épisodes...

A noter que le manga est réédité depuis 2012 chez Pika Edition, dans sa version en 12 tomes. Depuis 2014 est diffusée une nouvelle adaptation du manga (Sailor Moon Crystal), censée être beaucoup plus proche du manga, ce qui entre nous ne devrait pas être très difficile. On peut signaler la présence de séquences en 3D, dont les fameuses transformations, pour un résultat qui a laissé dubitatifs bon nombre de commentateurs. Chacun des 26 premiers épisodes adapte précisément un chapitre en entier, en restant très fidèles.

Puisqu'on parle d'adaptation, la première série met 25 épisodes pour en finir avec le tome 1 du manga. On voit le bout des trois premiers tomes après 46 épisodes (record du monde ?), grâce à tout plein d'épisodes fillers et même de genre "vicieux" (on fait mourir un ennemi plus tard que prévu par l'auteur, juste pour grapiller des épisodes supplémentaires, ou un item particulier tiré du manga au sein d'un filler). Les très nombreux fillers sont ce qui se fait de pire dans le milieu : horriblement répétitifs, ils ont tendance à donner une très mauvaise image à la série, pour qui la regarde avec un oeil neuf, sans l'avoir vue dans son enfance. Il y en a bien 2 ou 3 humoristiques, dans un esprit décalé, mais c'est bien insuffisant. L'arc filler de "l'arbre des ténèbres", qui dure de l'épisode 47 au 59, est lui aussi atrocement répétitif. Le studio a là encore eu la brillante idée de le relier à l'arc précédent, exactement comme la Toei l'avait fait pour l'arc Asgard des Chevaliers du zodiaque. Non contents de produire des fillers tout pourris, ils veulent en plus obliger les téléspectateurs à les regarder, c'est fou...

Si certains épisodes sont assez fidèles, il faut noter que les conclusions d'arcs sont parfois complètement différentes sur certains aspects. Pour ne citer qu'un exemple, des personnages (côté gentils) meurent dans le manga, mais pas dans l'anime.

D'un point de vue personnel, le manga n'est pas du tout facile à lire. J'ai eu la forte impression (désagréable) que l'auteur se passait des transitions quand il s'agissait de passer d'une scène à une autre, ce qui donne un côté très décousu ou artificiel à l'histoire. Ce n'est pas très lisible. Le coup de crayon n'étant pas toujours précis, au contraire d'un Akira Toriyama, il est souvent difficile de savoir si un ennemi a été vaincu (tué) ou non.


II] Et la censure ?
Léger spoiler :

Il n'a pas dû y avoir énormément de dessins animés d'origine japonaise diffusés au Club Dorothée (parmi les plus connus), sans avoir eu à subir de censure. Sailor Moon n'y fait pas exception :
- certains thèmes musicaux, dans des épisodes, sont passés à la trappe
- le caractère h.m.s.x..l de divers personnages est passé sous silence (voix et dialogues modifiés)
- quelques scènes coupées car jugées un peu violentes ou présentant des formes de nudité